SlateAfrique

mis à jour le

Kenya - Vingt ans après, Dadaab le premier camp de réfugiés menacé de fermeture?

C'était au Kenya, il y a 20 ans. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) créa le premier camp de réfugiés, a annoncé l’institution mondiale. Entre octobre 1991 et juin 1992, des milliers de réfugiés quittent la Somalie en raison de la guerre civile provoquée par la chute de Mogadiscio et le renversement du gouvernement central. Le HCR établit alors le premier camp à Dadaab, au nord-est du Kenya.

«La capacité d'accueil initiale des trois camps de Dadaab était de 90.000 personnes. Aujourd'hui, plus de 463.000 réfugiés y sont hébergés et environ 10.000 d'entre eux sont nés à Dadaab de parents réfugiés eux-mêmes nés sur place», a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR.

Depuis janvier, plusieurs déclarations du gouvernement kenyan semblent annoncer une fermeture du camp. The Guardian rapporte que de nombreuses spéculations sont nées concernant une déclaration du président Mwai Kibaki à la conférence de Londres sur la Somalie qui débute le 23 février. Selon une source anonyme de la capitale Nairobi, le discours du président pourrait être «désagréable» pour la communauté humanitaire.

Le journal britannique précise qu’en janvier dernier, un membre du ministère de la Sécurité intérieure a déclaré «que le pays avait l’intention de commencer à préparer le relogement des réfugiés en Somalie.» The Guardian rapporte qu’un porte-parole du gouvernement a réfuté toute fermeture de Dadaab et que «les retours seront volontaires et en collaboration avec le HCR.» 

Quelques jours avant cet «anniversaire», Médecins Sans Frontières (MSF) a publié le rapport Dadaab: Retour à la case départ où l’ONG dénonce la dégradation de la situation humanitaire. 

«Les réfugiés ont besoin de protection et de soins alors que leur situation empire chaque jour. Leur état de santé menace de se dégrader rapidement mais l’insécurité dans les camps empêche les organisations humanitaires de leur apporter une aide adéquate et continue», explique le Dr Monica Rull, responsable des programmes MSF pour le Kenya et la Somalie.

Comme le souligne Storyful, Dadaab est composé de trois camps distincts: Ifo, Hagadera et Daghaley. Le site d’information explique que les mères font généralement le voyage de Somalie jusqu’au Kenya seules avec leurs enfants. Pour les habitants, la vie est «difficile» et les familles sont obligés de repartir à zéro, raconte Biyamasr.

En 2009, MSF a réalisé quatre portraits de réfugiés de Dadaab. Tous sont arrivés de Somalie et ont fui le pays à cause des violences. Leurs témoignages sont pratiquement identiques: la nourriture manque, les soins sont insuffisants, les puîts se tarissent… Pourtant, aucun d’entre eux ne souhaitent retourner en Somalie tant que les violences continueront.

«Ici j’ai trouvé la paix mais pas une nouvelle vie», raconte Mohammed, musicien.

Lu sur HCR, The Guardian, MSF, Storyful, Biyamasr

A lire aussi

Commode, la famine!

Kenya: un leader réfugié somalien abattu dans un camp de Dadaab

Kenya: inquiétude au camp de Dadaab après l'enlèvement de deux Espagnoles

Famine: comment les pays riches ont laissé faire