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Ouganda - Des proxénètes malaisiens font main basse sur les Ougandaises

Prudence aux jeunes et belles Ougandaises. Un trafic organisé de femmes en direction des pays asiatiques fait florès en Ouganda, suscitant une vive inquiétude de la part des militants de défense des droits de l’Homme.

L’Organisation Internationale pour les Migrations tire la sonnette d’alarme dans un rapport où elle explique que les femmes qu’elle a aidées à rapatrier dernièrement en Ouganda ont été victimes de viols, de tortures et servi d’esclaves sexuelles.

Pas moins de six-cent femmes seraient tombées dans les filets des trafiquants proxénètes en direction de la Malaisie, avec entre 10 et 20 victimes qui arrivent chaque semaine, selon le site de la VOA. Le Consul de l’Ouganda en Malaisie qui aurait fourni ces chiffres révèle aussi que 60 Ougandaises arrêtées par une unité de police dénommée G-7 croupiraient dans les prisions malaisiennes.

Les trafiquants ratissent les universités et salons de coiffures pour pêcher leurs victimes auxquelles ils font miroiter des emplois de domestiques dans les maisons et hôtels huppés malaisiens avec un salaire mensuel de 1.000 dollars (750 euros). Une fois surplace, elles se retrouvent devant une situation embarrassante obligée de devenir des esclaves sexuelles pour rembourser les frais de voyage et autres pouvant s’élever jusqu’à 7.000 dollars.

Le site explique qu’en octobre 2011, la police malaisienne a démantelé un réseau de proxénètes, libérant 21 femmes livrées à la prostitution contre leur gré.

Qu’est-ce qui explique ce trafic en direction de la Malaisie?

Les trafiquants profitent de l’absence de visa touristique en direction de la Malaisie pour les Ougandais dont le pays est ravagé par la pauvreté et le chômage. La plupart des femmes victimes seraient d’ailleurs non seulement jeunes et belles mais surtout ayant des diplômes universitaires et qui se sont retrouvées au chômage.

«Quelqu'un m'a promis un emploi dans un restaurant ougandais en Malaisie. J’ai été emmenée à Bangkok pour deux jours, puis en Malaisie, témoigne une victime de 22 ans secourue par OIML'endroit où l’on m'a emmenée à Bangkok été terrible; c'était comme une maison de fous.  Il y avait environ 20 filles ougandaises, âgées de 17 à 20 ans. Elles consommaient de mauvaises herbes, de la cocaïne, fumaient la pipe dans les couloirs».

Les réseaux impliquent des Ougandais établis dans les pays de transit où les filles séjournent temporairement avant d’arriver à destination. En 2011, même le gouvernement américain a alerté sur l’existence d’organisation de trafic humain en Ouganda dont certains ont pignon sur rue.

En 2009, l’Ouganda a promulgué une loi condamnant le trafic d’êtres humains. Mais «le nombre croissant de personnes victimes de trafic au cours des deux dernières années, requiert des efforts coordonnés pour mieux comprendre le problème», alerte OIM.

Lu sur VOA, OIM

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