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Libye - Les combats font rage entre milices tribales

Dans le désert du sud-est de la Libye, les affrontements entre milices tribales sèment la mort et le chaos. Plus de 100 personnes ont perdu la vie et plusieurs dizaines d'autres ont été blessées en moins de deux semaines dans des échauffourées opposant, officiellement, la tribu des Zouwaya et celle des Toubous.

«Les affrontements entre les deux tribus avaient éclaté le 12 février dans la ville de Koufra au sud-est de la Libye, frontalier du Tchad, du Soudan et de l'Egypte» rapporte la RTBF, citant l’agence Belga.

Selon une source au sein du Conseil National de la Transition (CNT), ces affrontements qui se sont déroulés notamment à Koufra seraient liés au contrôle de la frontière pour la contrebande. Une information démentie par le site libyen libyanfreepress, qui a diffusé le 16 février des informations accablantes contre le CNT, l’accusant de pratiquer un «nettoyage ethnique dans la région de Koufra» au nom la lutte contre soit disant «mercenaires tchadiens» selon des médias proches du Conseil.

«Ce qui se passe maintenant à Koufra est un processus de nettoyage ethnique de la tribu Toubou, dans tous les sens du terme», explique un témoin à Libyanfreepress.

Koufra, une ville de 40.000 habitants est coincée aux confins du désert du sud-est aux frontières poreuses du Tchad, du Soudan et de l’Egypte. Elle est peuplée principalement des Toubous, des nomades noirs ayant «le gout de l'exploit et de l'aventure, des armes et les expéditions». Ils ont longtemps contesté le pouvoir de Kadhafi qui les marginalisait, refusant d’accorder la nationalité à certains de leurs membres. On les retrouve aussi de l’autre côté de la frontière au Niger et au Tchad.

Un an après la chute du régime de Kadhafi, le CNT peine à contrôler le pays où presque chaque ville est tenue par des milices qui font régner la loi. Le Conseil avait annoncé la restitution des arsenaux militaires avant la fin de l’année 2011 mais la réalité sur le terrain indique le contraire. Les armes prolifèrent, multipliant les foyers de tension, les abus, les tortures et les tueries.

Amnesty International a publié le 15 février un rapport où l’organisation dénonce notamment la violence des anciens rebelles envers les pro-Kadhafi.

«Il y a un an les Libyens ont risqué leur vie pour réclamer justice. Aujourd'hui, leurs espoirs sont mis en péril par des milices armées sans foi ni loi qui foulent aux pieds les droits de l'homme en toute impunité», a affirmé Donatella Rovera d'Amnesty International.

L’organisation détient des preuves des persécutions opérées contre certaines communautés comme à Tawargha où 30.000 personnes ont été expulsées, leurs maisons pillées et incendiées. 

Lu sur RTBF, Libyanpress, Amnesty International

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