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Zimbabwe - Un adolescent bastonné pour outrage sur Facebook

Un tribunal du Zimbabwe a condamné le 20 février un adolescent de 17 ans à deux coups de bâton pour avoir publié la photo d’une femme sur Facebook en la qualifiant de prostituée, rapporte le quotidien zimbabwéen, New Zimbabwe.

Le jeune homme originaire de Chiredzi (sud-est du Zimbabwe) a avoué avoir pris en photo le 6 février une femme à son insu alors qu'elle était au téléphone. Le soir-même, il a posté la photo sur son profil Facebook et a écrit en shona:

«Ce sont des prostituées de Chiredzi.»

La femme découvrant sa photo et a immédiatement signalé l'affaire à la police, conduisant à l'arrestation de l'adolescent.

Le juge Tinashe Ndokera a reconnu l’adolescent coupable d'outrage et l’a condamné à deux coups de bâtons. La bastonnade est une peine courante pour les mineurs jugés trop jeunes pour aller en prison, explique le quotidien.

«S'agit-il d'une violation des droits de l'homme?» s'interroge dubitatif Techzim. Ce blog technologique sur le Zimbabwe ne le croit pas. Ayant rapporté l'information, Techzim se dit surpris par les réactions des journaux et blogueurs qui ont fait état de cette affaire. Pour Techzim, c'est la preuve que «le Zimbabwe a un problème d'image».

En fait, la police zimbabwéenne avait fait la première arrestation à la suite de publication sur Facebook en février 2011.

Un appel anonyme à la police informait qu'un homme avait envoyé un message menaçant pour la sécurité dans le pays via son téléphone portable. Vikas Mavhudzi, 39 ans, avait posté un message sur le mur Facebook de la page officielle du Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai. Il a été accusé de «subversion envers un gouvernement constitutionnel».

Dans son message, l’internaute soulignait l’impact de la révolution égyptienne dans le monde, et exprimait son soutien aux manifestations pacifiques :

«Je suis bouleversé... Ce qui s’est passé en Égypte propage des ondes de choc vers les dictateurs du monde entier. Cette poursuite d’un but commun, sans armes, vaut d’être imitée.»

Pour le procureur, Jérémie Mutsindikwa, l'internaute aurait souhaité prendre le contrôle du gouvernement «par des moyens anticonstitutionnels».

D'après Reporter sans frontières, la Haute cour de Bulawayo l'aurait libéré sous caution un mois après son arrestation, mais interdit de s’éloigner de plus de 40 km de la ville. La date de son procès n’aurait toujours pas été fixée.

Lu sur New Zimbabwe, Techzim

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