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DSK à Washington le 1er septembre 2011. AFP/TOBY JORRIN
DSK à Washington le 1er septembre 2011. AFP/TOBY JORRIN

A Casablanca, minettes et bourgeoises s’arrachent DSK

DSK fait toujours tourner la tête des Marocains et surtout des Marocaines! La preuve en est lors d'une conférence donnée dans la capitale des affaires du Maroc.

Mise à jour du 30 novembre 2012: Bientôt ce sera la fin du feuilleton politico-judiciaire DSK-Diallo. Le New York Times a révélé hier qu'un accord entre les deux parties aurait été trouvé pour mettre fin à la procédure civile engagée par la femme de chambre du Sofitel de New York Nafissatou Diallo en août 2011. Selon le journal français Le Monde l'ex-patron du FMI serait prêt à verser à son accusatrice 6 millions de dollars. Une somme qu'il devra emprunter car «malgré les quelques conférences données dans des universités privées ou à l'invitation de grandes banques, malgré aussi son activité de conseil, notamment au Maroc, M.Strauss-Kahn, 63 ans, n'a en effet ni revenu ni fortune suffisante», révèle Le Monde.

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C’est au Maroc que Dominique Strauss-Kahn a fait son come-back. Invité à une conférence économique, il a parlé de la crise et fait son habituel numéro de charme. Les ennuis pour DSK semblent sans fin, et les palaces du monde autant de théâtres grivois de ses frasques sexuelles. Hier, c’était le Sofitel de New York, aujourd’hui le Carlton de Lille.

Dans ce dernier, il aurait participé à des parties fines avec de jeunes escort-girls, ce qui lui vaut aujourd’hui une garde à vue pour complicité de proxénétisme et recel d'abus de biens sociaux. Son audition devra déterminer si l'ancien directeur du FMI savait que les femmes qui venaient à ses rendez-vous de charme étaient des prostituées, et s'il se doutait de la provenance de l'argent qui servait à les financer.

DSK en terrain conquis

Quelques semaines plus tôt, c’est dans autre hôtel de luxe qu’il avait fait son come-back à la vie publique: le Hyatt Regency de Casablanca. Mais là, pas de visite en catimini pour l’enfant du pays, ni de prète-nom pour réserver une suite avec jacuzzi, magnum de champagne, pas plus que de porte dérobée pour échapper aux paparrazzi: DSK y était reçu en guest speaker d’une conférence de haute volée et surtout en idole des femmes.

«Toutes les occasions pour venir au Maroc sont bonnes, celle-là était particulièrement bonne» a-t-il lancé d’entrée lors de son discours.

Régulièrement réfugié dans son magnifique riad de Marrakech depuis le début de ses démêlées judiciaires américains, DSK est donc revenu à la vie mondaine à Casablanca par la grande porte. «La nouvelle vie de DSK» titrait le magazine marocain Actuel qui lui consacrait sa couverture et un reportage haut en couleur.

Il faut dire que l'ancien patron du FMI a tout fait pour soigner sa première grande sortie médiatique. En terrain conquis et loin des cancans de Paris et son ambiance de guerilla à la veille de la présidentielle. C’est avec son versant d’économiste chevronné qu’il prendra ce 1er février la parole à la tribune du Forum de Paris, délocalisé pour la circonstance dans la capitale marocaine des affaires. L'événement était organisé par l'homme d'affaires et communicant Albert Mallet, une vieille connaissance du bled. Le gotha du royaume, dont le ministre des finances Nizar Baraka ou le directeur de la Caisse des dépôts Anas Alami étaient venus à sa rencontre, tout comme plusieurs vieux amis du Maroc, dont l'ancien ambassadeur israélien à Paris, Elie Barnavi.

DSK, un ami du Maroc

«Dès son arrivée, il est salué par le président du Parlement, Karim Ghellab, et le ministre des Finances, avec qui il plaisante en racontant ses histoires de plomberie défectueuse à Marrakech. On n’imagine guère l’ex-président du FMI blaguer avec le ministre des Finances français ou saluer le président du Congrès américain» rapporte Actuel.

On le voit l’ambiance était chaleureuse.

«On a toujours reçu correctement, même des dictateurs. Alors pourquoi pas lui? Au moins il n’a pas de sang sur les mains. D’un point de vue occidental, cela peut paraître choquant. Mais il a fait une erreur que les Marocains comprennent, et nous, on fait la distinction entre le bonhomme et ses conneries.» dira de lui, très indulgent un jeune quadra. Pas étonnant qu’il fasse du Maroc sa base-arrière.

Dans ses habits de financier, DSK n’hésitait pas à prévenir ses amis marocains que «le pire est devant nous» et que les «retombées de la crise européenne sur l’économie marocaine arriveraient cette année…». Un conseil vite repris dans l’éditorial du Matin du Sahara, le journal officieux du Palais. L'affaire du Sofitel, les accusations de Banon, dont le père est un Casablancais pure souche, ou les soupçons dans l'affaire du Carlton qui ont mis au grand jour les relations de DSK avec les femmes n’étaient pas au menu.

Un public très féminin

Et les femmes de Casablanca venues l’écouter, étaient-elles outragées de le voir fanfaronner? Pas le moins du monde explique Actuel, «pas une femme ne lui a jeté son stiletto (escarpin) à la figure, et Fathia Bennis, la présidente du Women’s Tribune, était même dans la salle».

Mieux: DSK s’est livré à un véritable festival d’allusions personnelles, sous couvert de démonstrations économiques. Il évoque Jean-Pierre Chevènement qui «disait à propos de Maastricht, que si on mettait le doigt dedans, il fallait aller au bout». Avant de conclure, sous les applaudissements, avec une phrase d’anthologie: «La leçon de cette crise, c’est qu’on ne peut pas être à moitié mariés.»

A un député islamiste venu lui dire tous les regrets du Maroc de le voir hors piste pour l’Elysée, DSK aurait répliqué: «J’ai dû me retirer.»

En galante compagnie

Lors de la conférence, minettes de la com’ et bourgeoises de la haute se bousculaient pour poser à côté de lui comme on a pu le voir sur les photos qui ont tapissé les pages de la presse locale. Il était pour toutes ces working girls aux talons aiguilles l’attraction de la journée, lui qui n’a pas hésité à leur faire de larges sourires tout en tripotant son iPad. 

«C’est un comportement un peu animal», analyse Nadia Kadiri professeur de psychiatrie et praticienne au CHU Averroès de Casablanca citée par Actuel.

«Les femelles sont attirées par le danger et par la bête. Et il y a aussi un côté narcissique à poser à côté de cet homme qui fait peur et qui a failli être président.»

Actuel raconte enfin qu’une «rumeur a circulé dans tout Casa. On l’aurait vu dans un restaurant de la Corniche en galante compagnie le soir même». En fait, il dînait chez une patronne de presse qui écrivait le lendemain dans son éditorial:

«Dommage pour la France, dommage pour l’Europe, dommage pour l’Afrique du Nord, que cet homme ne soit pas le prochain président français».

Ali Amar

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Ali Amar

Ali Amar. Journaliste marocain, il a dirigé la rédaction du Journal hebdomadaire. Auteur de "Mohammed VI, le grand malentendu". Calmann-Lévy, 2009. Ouvrage interdit au Maroc.

Ses derniers articles: Patrick Ramaël, ce juge qui agace la Françafrique  Ce que Mohammed VI doit au maréchal Lyautey  Maroc: Le «jour du disparu», une fausse bonne idée 

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