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Afrique du Sud - Des chauffeurs de taxi dans le cockpit?

Y aura-t-il un chauffeur de taxi dans l’avion? C’est la question que chacun se pose à l’annonce de la création par la société de taxis sud-africaine Santano d’une compagnie aérienne à bas prix.

Santano, qui opère principalement à Bisho, au sud-est du pays (à mi-chemin entre Le Cap et Johannesburg) est réputée pour la conduite peu orthodoxe de ses chauffeurs ou encore les disputes régulières provoquées par le prix des courses, raconte Radio Netherlands Wordwilde Africa.

A tel point que le chargé d’affaires de Santano, Nkululeko Buthelezi, a dû faire une promesse quelque peu farfelue aux investisseurs potentiels, rapporte le magazine sud-africain Business Day:

«Je peux vous assurer que nous n’autoriserons pas nos chauffeurs de taxi à piloter les avions».

La spécificité de la future compagnie aérienne, qui s’appelera Santoco Express, n’est donc pas ses pilotes —mais, ses billets. Ceux-ci devraient comprendre outre le vol un trajet en taxi jusqu’à l’aéroport, au départ et à l’arrivée.

Les avions partiront de l’aéroport de Lanseria (à proximité de Johannesburg et de Pretoria, les capitales économique et administrative de l’Afrique du Sud) et desserviront les villes du Cap et de Bisho, à raison de deux allers-retours par jour.

Nkululeko Buthelezi a expliqué à Business Day qu’il «s’intéresse à des routes aériennes comme celle joignant Lanseria à Bisho, et qui rendent un véritable service aux clients, ceux-ci pouvant mettre quatorze heures en voiture pour assister à des funérailles qui durent cinq heures».

Les deux lignes aériennes seront ouvertes en novembre 2011, à temps pour profiter de la période faste des vacances de Noël. Le prix du billet n’est pas encore définitivement fixé, mais il se situera entre 50 et 60 euros, indique Business Day.

Cette initiative est la première étape d’une politique de diversification de l’activité de Santano. Avec 16 millions de clients et 180.000 membres, la compagnie de taxis est la colonne vertébrale des transports publics sud-africains. Elle cherche désormais à développer une offre de transport complète incluant le bus et le train, afin «de ne pas perdre [ses] parts de marché».

Son ambition ne s'arrête pas là, car Santano envisage même d'introduire sa nouvelle compagnie aérienne en bourse.

Lu sur Business Day, Radio Netherlands Worldwide Africa, RFI