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Miss Maroc privée de maillot de bain

Sara Mouaatamid, 19 ans, Casablancaise, a été élue Miss Maroc 2012 parmi les 15 finalistes du concours qui comptait près de 2.500 candidates âgées de 18 à 25 ans lors d’une soirée organisée dans un des plus grands palaces du royaume de la ville balnéaire d’El Jadida.

«Les jeunes filles ont défilé en robe du soir et en tenue traditionnelle —et non en maillot de bain, afin d'éviter toute polémique» rapporte Jeune Afrique.

«Il n'est pas nécessaire de dénuder une femme pour apprécier sa beauté» a affirmé un des organisateurs de l'événement. «Par rapport au maillot de bain il faut comprendre que nous sommes très respectueux de la culture marocaine et musulmane, d'où notre choix», a-t-il ajouté dans une déclaration à France Soir.

Autre particularité de cette cérémonie: pas de direct. «On avait peur qu'une des Miss tombe. Et puis c'est la première fois!» poursuit l'organisateur. L'année prochaine tout sera-t-il direct? «Inch'Allah!» conclut-il

«Elle est la première Miss de l’histoire marocaine» croit savoir Le Figaro. En réalité, il y a dix ans de cela, le Marocain Anas Jazouli, invité sur le plateau de «Tout le monde en parle», l’émission-culte de Thierry Ardisson, avait dû mener combat pour lutter contre la pression des islamistes lors d’une première édition qui s'apparentait pour ces derniers à du proxénétisme.

Il n'y a pas eu de défilé en maillot. Miss Maroc 2002 sera également dispensée de maillot par l'organisation internationale pour l'élection de Miss Monde en 2003, le Maroc étant le seul pays à avoir eu cette dérogation.

Miss 2012, Sara Mouâtamid parle cinq langues. Elle est étudiante en école de commerce. Son rêve est de travailler dans la pub et «de créer une association de bienfaisance pour venir en aide aux enfants de l’éducation informelle».

Mais sur les réseaux sociaux marocains, c'est une autre jeune fille qui lui vole la vedette: Sara Chafak, 21 ans, une sublime fino-marocaine qui vient d'être sacrée Miss Finlande 2012. Reste que les médias officiels marocains adoptent une posture inverse. Eux qui sont généralement friands de success-stories de leurs compatriotes à l'étranger, ils ne parlent pas de la beauté qui vient du nord. Non pas parce qu’elle a eu toute latitude de défiler et poser devant l’œil des photographes en tenue légère, mais en raison de sa liberté de ton.

Selon le site d'information Goud, la déclaration de cette jeune mannequin et étudiante en marketing, en réponse à un journaliste qui souhaitait savoir si elle envisageait de rentrer «au pays» après la fin de ses études aurait provoqué l’ire du Palais: «Mon Histoire est amazighe (berbère), ma langue est le tamazight, et mon identité est amazighe. L'amazighité est ma patrie, où que je me trouve, et aucun dictateur ne pourra m'en priver», a répondu la belle rifaine.

Repris par le site RifOnline, ses propos ont suscité un vif débat identitaire bien éloigné du glamour des concours de Miss.

Lu sur Jeune AfriqueFrance SoirGoud

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