SlateAfrique

mis à jour le

Le transfert d'argent via téléphone portable devient monnaie courante

Envoyer de l’argent aux parents restés au pays sans le remettre à un particulier ou se faire plumer par les sociétés traditionnelles de transfert de fonds. Une idée géniale qui séduit de plus en plus les Africains vivant hors de leur pays. Une idée que des entreprises de téléphonie mobile du continent ont mis en pratique avec des succès fulgurants, malgré les défis à relever.

En Afrique, les cartes bancaires ne courent pas les rues, certes, mais les téléphones portables si. En 2010, on dénombrait 450 millions d’abonnés sur le continent.

Transférer donc de l’argent à un proche via un téléphone portable est une pratique de plus en plus usitée par la diaspora. C’est «une alternative peu coûteuse, efficace et sûre» souligne le site Afrique Renouveau.

Le modus operandu est simple: l’émetteur qui a préalablement souscrit un abonnement auprès d’un service de transfert, envoie au destinataire un SMS contenant un code secret lui permettant de retirer l’argent liquide.

Le destinataire peut le faire soit dans un distributeur des billets en tapant le code reçu, soit en le donnant dans un bureau de l’opérateur du transfert. Il existe d’autres variantes, comme par exemple l’achat d’un téléphone intégrant le service de transfert. Dans tous les cas le système est basé sur le principe de simplicité et de rapidité.

Ce marché florissant aiguise l’appétit des opérateurs de téléphonie mobile et des banques. Au Kenya, Safricom et le «Britannique Vodafone ont ouvert la voie en 2007 en lançant M-Pesa (M pour «mobile» et pesa signifiant «argent» en kiswahili»  explique Afrique Renouveau. En trois ans, le service a séduit 15,4 millions d’abonnés (2010) dans le pays pour des transferts de 100 millions de dollars (75,6 millions d'euros).

En 2009, 11% du PIB kenyan aurait transité par le service de transferts mobiles Mpesa selon la plateforme des blogueurs Solidaires Du Monde.

Le succès s’est étendu jusqu’en Afrique du Sud où «en mai 2011, neuf mois après son lancement, le partenariat Vodacom-Nedbank comptait 140.000 abonnés et avait établi plus de 3.000 agences M-Pesa et 2.000 guichets automatiques dans le pays».

Mobicash au Maroc, à Maurice et au Congo-Brazzaville, Inova Pay au Burkina Faso, mi-Life au Ghana et Wontanara en Guinée, le succès et l’extension de cette innovation créent un peu partout des «portefeuilles mobiles» sur le contient.

Un succès dû selon Solidaires Du Monde aux coûts moindres comparés aux modes classiques de transferts d'argent, la facilité, la rapidité, la flexibilité et la sécurisation de la transaction.

Un bémol tout de même, relève Afrique Renouveau: un marché limité, des liquidités peu disponibles en zone rurale, la méfiance et la méconnaissance du système, les lois, et les contrôles sont autant de défis à relever.  

Lu sur Afrique Renouveau, Solidaires Du Monde

A lire aussi

Burkina Faso - Trois opérateurs téléphoniques condamnés par leurs abonnés

Nigeria - Le coup de téléphone qui tue

La compagnie aérienne low-cost qui veut conquérir l'Afrique