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Sénégal - Ces femmes qui descendent dans la rue pour la paix

«Nous n’avons pas peur d’aller sur le terrain.» Pour Fatou Sarr Sow, présidente du Caucus des femmes pour la parité et d’autres associations de femmes, le message est clair: s’il faut descendre dans les rues, elles le feront. Ces associations se sont réunies à Dakar pour une plateforme de veille des femmes pour amener la paix et faire cesser les violences, le 20 février, rapporte PressAfrik.

«C’est la jeunesse qui paye les frais de ce qui est en train de se passer. Voilà pourquoi nous nous sommes mobilisées d’abord pour lancer cet appel», a précisé Fatou Sarr Sow.

Depuis la validation de la candidature d’Abdoulaye Wade en fin janvier dernier, les violences électorales prennent de plus en plus d’ampleur. La veille de ce rassemblement, des émeutes ont encore secoué Dakar et sa banlieue. Pour les associations de femmes, les candidats à la présidentielle doivent prendre leurs responsabilités et véhiculer des messages de paix, précise l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

«Notre objectif c’est de faire en sorte que les différents candidats et les parties prenantes se retrouvent et discutent pour renouer le fil du dialogue et que cessent les violences dans notre pays», a affirmé Bineta Diop, président de l’ONG Femmes Africa Solidarité (FAS).

Dans un communiqué, ces associations dénoncent «la réponse démesurée de la police face aux jeunes et l’incursion dans les lieux de culte», rapporte Afriscoop. Elles se sont de nouveau mobilisées le 21 février lors d'une nouvelle manifestation aux abords du Centre international du commerce extérieur du Sénégal à Dakar pour soutenir «leurs soeurs sénégalaises», explique l'APS.

«Nous avions crié et personne ne nous a entendus, les violences ont repris de plus belle. Nous continuerons à crier et nous pleurerons s’il le faut jusqu’à ce qu’on nous entende», a déclaré Abibatou Mbaye du Groupe d’Initiatives des Femmes.

Ce mouvement de femmes s’est créé le 5 février, après la mort de Mamadou Diop, étudiant tué pendant une manifestation contre la candidature d’Abdoulaye Wade, rappelle l'agence sénégalaise. Pour lui donner plus de poids, ces associations sont prêtes a user de «toutes les possibilités héritées de nos coutumes et de la modernité pour arriver à [leurs] fins.» Soutenues par le Liberia, elles espèrent que leur mobilisation fera naître la compassion et accélèrera le dialogue et la paix au Sénégal.

«Nous allons solliciter les épouses des candidats pour les sensibiliser davantage et nous comptons aussi nous appuyer sur les femmes leaders dans les partis classiques pour porter notre message à leurs responsables, estime Fatou Sarr Sow. [Si les candidats] nous voient à côté de leurs épouses, sœurs et mères, nous pensons qu’ils ne pourront pas rester insensibles à notre message et accepteront de s’asseoir pour discuter.»

Lu sur PressAfrik, APS, Afriscoop

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