SlateAfrique

mis à jour le

RDC - Battu à mort pour avoir uriné sur un mur?

Un homme d’une trentaine d’années a été passé à tabac le 17 février par des militaires de la garde républicaine à Lubumbashi, au sud de la République Démocratique du Congo (RDC).

La raison: il aurait uriné contre le mur de la station de pompage Deborah qui appartiendrait à un membre de la famille présidentielle. Il a ensuite été enlevé par les mêmes militaires, rapporte la radio congolaise, Radio Okapi.

«Aujourd’hui à Lubumbashi, un jeune homme poussé par une envie de pisser s’approche de la clôture d’une station de service, après avoir vider sa vessie, il est de suite interpellé par les policiers commis à la surveillance de celle-ci. En un rien de temps, la situation dégénère», raconte un témoin.

La scène a révolté la population locale qui est descendue dans la rue pour manifester sa colère. Les habitants s’en sont pris à la station d’essence et ont détruit une partie de son mur. Un camion transportant plus de 20 tonnes de cathodes de cuivre et des pneus ont été brûlé sur la voie publque.

«On ne lui a pas reproché d’avoir commis cet acte, il n’a pas reçu d’avertissement. Olala! Il est mort sur place, tellement on lui a donné de coups. Ensuite, on a enlevé son corps pour partir avec», a indiqué un témoin de l’incident à Radio Okapi.

Des éléments de la police nationale ont tiré des coups de feu en l’air pour disperser la foule. Une personne a reçu une balle perdue à l’épaule et selon les médecins, elle serait entre la vie et la mort. Le bilan final dressé par des sources proches de la mairie de Lubumbashi est d’une personne blessée par balle et d’un camion brulé.

Si les proches de l’homme battu affirment qu'il est mort, la police ne reconnaît aucun décès. L’auditorat militaire de Lubumbashi a cependant annoncé l’ouverture d’un procès en flagrance contre l’élément de la garde républicaine mis en cause dans ce passage à tabac.

Grâce au déploiement d’un important dispositif de sécurité, le calme est revenu le lendemain autour de la station. Les activités ont aussi repris et le marché a rouvert.

Lu sur Radio Okapi

A lire aussi

Maroc - Les «milices numériques» du roi Mohammed VI

Lettre ouverte (déférente) à Mohammed VI

Quand Abdoulaye Wade se prend pour Ben Ali

Gabon - L'arme fatale contre les journaux qui dérangent