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Nigeria - «Prison break» en version Boko Haram

Au Nigeria, la prison fédérale de Koton Karfe, dans l’Etat de Kogi, situé au centre du pays, a été attaquée le 15 février par une vingtaine d’hommes armés, rapporte l'agence Panapress reprise par le site Afrique en ligne. L’attaque a été menée en début de soirée, des hommes armés ont fait exploser l’entrée de la prison, tué un gardien et libéré plus d’une centaine de prisonniers.

«Sur les 119 prisonniers libérés, 25 ont été rattrapés par le personnel de sécurité», a assuré le contrôleur général de la prison à The Nation.

Les villageois et certains journalistes locaux ont soupçonné la secte islamique Boko Haram d’être responsable de l'attaque. Cet incident rappelle l’assaut de la prison dans le nord du pays en 2010 où la secte avait libéré plus de 700 détenus, rappelle Capital FM News. Pourtant, les autorités notamment le commissaire Marvel Akpoyibo ont rejeté publiquement l’hypothèse de la secte, relate le Daily Trust. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le lendemain soir, le 16 janvier, un membre de la secte appelle des journalistes de Maduguri, capitale de l’Etat de Borno, et confirme la rumeur.

«Nous avons organisé l'opération de sauvetage de nos membres là-bas [dans la prison, ndlr] et Allah a permis à l'opération d’être un succès. Nos membres sont maintenant en sécurité dans un de nos camps», a déclaré Aboul-Qada, porte-parole de la secte, selon Channels TV.

Boko Haram est sur tous les fronts et multiplie les attaques et attentats terroristes —notamment contre des chrétiens— depuis plusieurs mois qui ont fait des centaines de morts, principalement dans le nord du pays. Comme l’a affirmé la porte-parole de la prison de Koton Karfe, «les 119 évadés sont en attente de jugement». Cette dernière affaire fait écho à une étude publiée par Amnesty International en 2007. Dans son rapport, Amnesty International dénonce la surpopulation des prisons et le manque de suivi des dossiers judiciaires.

«65% des détenus n'ont jamais été reconnus coupables d'aucun crime et certains attendent leur procès pendant dix ans», explique le rapport.

Lu sur Panapress, The Nation, Capital FM News, Daily Trust, Channels TV

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