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Kenya - Quand Twitter sauve des chèvres

Pour lutter contre la criminalité dans son village, le chef kenyan Francis Kariuki utilise Twitter. A chaque fois qu’un incident a lieu dans à Lanet Umoja ou dans la région, le chef envoie l’information sur le réseau de microbloging, rapporte IPS. «Jusqu'en mai 2011, cet endroit était très dangereux et les incidents de carjacking, l'agression et les cambriolages avait lieu tous les jours, aujourd’hui il y en a moins», explique Francis Kariuki.

«Il y a un mouton brun et son petit se sont perdus du côté de Muwa. Dites-moi si vous l’apercevez».

Ce tweet envoyé à 4 heures du matin a permis au propriétaire de retrouver son bétail quelques heures plus tard. Bien que l’anecdote fasse sourire, se servir des réseaux sociaux comme outil de lutte contre la criminalité s’est avéré efficace dans cette région et les villageois font preuve de solidarité.

«Quand nous recevons un message concernant un vol, des habitants vont sur la scène du crime, d'autres bloquent les issues», raconte David Waweru, un ancien du village, à IPS.

 

Le chef estime que 15.000 personnes suivent indirectement son compte Twitter. 400 followers sont abonnés à @chiefkariuki. «Des anciens du village, des chefs communautaires et religieux, la police, des jeunes, des groupes de femmes et des directeurs d’école» y sont abonnés, précise IPS. Pour contourner la mauvaise couverture Internet, de nombreux villageois reçoivent les tweets sous forme de SMS.

Selon le site d’information, utiliser Twitter pour diminuer le taux de criminalité est une première dans une zone semi-urbaine comme Lanet Umoja. Cependant, certains malfaiteurs suivent également le compte de Francis Kariuki. Pour le professeur James Gatoto, directeur du campus universitaire de Nakuru, cet outil est bénéfique pour le Kenya. Il peut unir les différentes communautés pour éviter une répétition de la violence post-électorale 2007/2008. Mais le professeur Gatoto reste méfiant:

«Cela peut être dangereux s'il n’est pas contrôlé. Il a fallu des années pour organiser les révolutions dans le passé, mais avec les médias sociaux, il suffit de quelques heures», a-t-il confié à IPS.

Lu sur IPS

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