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Libye - Les milices hors de contrôle torturent dans les prisons

Les milices libyennes qui font la loi sur le terrain bafouent les droits de l’homme et mettent en péril la stabilité du pays, indique le rapport d’Amnesty International publié le 15 février. Un an après la rébellion contre la dictature du colonel Kadhafi, l’ONG tire la sonnette d’alarme et dénonce la violence des anciens rebelles envers les pro-Khadafi.

«Il y a un an les Libyens ont risqué leur vie pour réclamer justice. Aujourd'hui, leurs espoirs sont mis en péril par des milices armées sans foi ni loi qui foulent aux pieds les droits de l'homme en toute impunité», a affirmé Donatella Rovera d'Amnesty International.

La conseillère spéciale chargée des crises et des conflits explique que «les milices en Libye sont en grande partie hors de contrôle.»

Selon Amnesty International, les milices sont responsables de crimes de guerre et de torture sur les partisans de Mouammar Khadafi illégalement détenus dans leur siège même ou dans des centres de détention plus ou moins officiels. L’ONG dénonce également l’absence de toute enquête concernant ces abus.

«La seule façon de rompre avec des pratiques implantées depuis des décennies sous le régime autoritaire du colonel Kadhafi est de veiller à ce que nul n'est au dessus de la loi et que des enquêtes soient menées sur de tels abus», assure la conseillère d’Amnesty.

Entre janvier et début février, des délégués de l’ONG se sont rendus dans plusieurs centres de détention. Ils ont rencontré des détenus qui ont affirmé avoir été maltraités et ils ont pu constater des traces récentes de torture.

«Depuis septembre, au moins douze personnes détenues par les milices ont succombé à la torture. Leurs corps étaient couverts d'ecchymoses, plaies et coupures et certains avaient les ongles avaient arraché».

L’organisation précise que des prisonniers ont été «suspendus, battus des heures avec des fouets, des cables, [...] et ont reçu des chocs électriques.»

«L'impunité accordée aux milices envoie le message que de telles pratiques sont acceptées. Les personnes responsables de ces violences doivent rendre compte de leurs actes et être démis de leurs fonctions», a déclaré Donatella Rovera.

Amnesty International détient de nombreuses vidéos où des membres de la milice frappent et menacent de mort des détenus. Le rapport stipule également que ces milices oppriment des migrants et des réfugiés africains. Des communautés entières ont été déplacées comme la population de Tawargha où 30.000 personnes ont été expulsées et ont vu leurs maisons pillées et brûlées. L’ONG appelle le Conseil National de Transition à contrôler les milices et à sanctionner les abus.

Lu sur Amnesty International

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