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En Afrique du Sud, accueil prudent pour le gouvernement Ramaphosa

L'Afrique du Sud a accueilli mardi avec prudence le premier gouvernement de "transition" nommé par son nouveau président Cyril Ramaphosa, subtil compromis entre le coup de balai anti-Jacob Zuma et le maintien de l'unité du parti au pouvoir.

Ceux qui espéraient un grand ménage en ont été pour leurs frais. Fidèle à sa réputation d'homme de conciliation, le chef de l'Etat a composé la première équipe ministérielle de son ère en respectant des équilibres politiques très fragiles.

Quelques retours spectaculaires pour rassurer les marchés, des départs de personnalités accusées de corruption et le maintien d'une poignée de figures de l'ancien régime...

"C'est une équipe de transition (...) qui doit nous conduire jusqu'aux prochaines élections", a plaidé lui-même mardi devant la presse Cyril Ramaphosa. "C'est une équipe qui prend en compte les différentes forces dont nous disposons, je crois et j'espère qu'elle va nous permettre d'aller de l'avant".

"Ce gouvernement est clairement un compromis destiné à satisfaire l'ANC (Congrès national africain, au pouvoir)", a commenté à l'AFP l'analyste politique Mari Harris.

"C'est probablement le mieux qu'il (M. Ramaphosa) pouvait faire dans les circonstances actuelles", a-t-il ajouté.

Elu en décembre à la direction de l'ANC, l'ancien vice-président sud-africain a succédé il y a onze jours à la tête de l'Afrique du Sud au très controversé Jacob Zuma, 75 ans, lâché par son parti après neuf ans d'un règne terni par les scandales.

D'abord syndicaliste puis hommes d'affaires à succès, M. Ramaphosa, 65 ans, a promis de débarrasser son pays de la corruption et de relancer son économie, désespérément atone.

- Rassurer -

Sorti exsangue de l'ère Zuma, son parti aborde le scrutin législatif de 2019 en position de faiblesse et pourrait, ainsi que l'anticipent de nombreux analystes, perdre la majorité absolue qu'il détient au Parlement depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Pour ouvrir la "nouvelle ère" qu'il promet dans ses discours, Cyril Ramaphosa a donc rappelé aux affaires deux victimes célèbres de Jacob Zuma qui auront pour tâche de redorer le blason terni du pays auprès des investisseurs.

Limogé fin 2015 par le président de l'époque, Nhanhla Nene a retrouvé le ministère des Finances.

Le héraut de l'utilisation vertueuse des deniers publics Pravin Gordhan, renvoyé du même portefeuille par M. Zuma il y a à peine un an, a été nommé aux Entreprises publiques pour tenter de redresser leur situation catastrophique.

Dans la foulée, plusieurs ministres accusés d'avoir participé à leur pillage en bonne et due forme ont pris la porte.  

Attendus, ces mouvements ont été salués avec réserve par les marchés. A la hausse dès lundi soir sur la foi de fuites annonçant le retour de M. Nene, le rand a continué à se raffermir mardi à 11,64 rands pour 1 dollar en fin de matinée.

"Les marchés avaient largement anticipé ce remaniement", a noté le cabinet financier Peregrine Treasury Solutions. "Des nominations controversées (...) suggèrent toutefois que, si sa direction a changé, le parti n'a pas encore été transformé".

- 'Sacré pari' -

Le maintien de Malusi Gigaba, un proche de l'ancien chef de l'Etat, passé des Finances à l'Intérieur, ou encore l'arrivée comme ministre de la Planification de Nkosazana Ndlamini Zuma, l'ex-épouse de M. Zuma qui avait défié M. Ramaphosa pour la présidence de l'ANC, ont surpris.

"Le remaniement s'est conclu sur un nettoyage partiel de l'ère Zuma mais les complexités de l'ANC et les compromis qui en résultent ont malheureusement empêché son éradication", a résumé l'analyste Daniel Silke sur Twitter.

Parmi tous ces cas, celui du nouveau vice-président David Mabuza suscite les craintes les plus sérieuses.

Jusque-là Premier ministre de la province du Mpumalanga (nord-est), il est accusé, même s'il n'a jamais été condamné, d'y avoir fait régner la terreur par le biais de véritables milices. 

"C'est un sacré pari", a jugé pour l'AFP Peter Fabricius, de l'Institut pour les études sécurité (ISS) de Pretoria. "J'espère qu'il ne finira pas en nouveau Zuma (...) et qu'il ne deviendra pas une +bombe à retardement+ au sein gouvernement".

L'opposition a vivement dénoncé sa nomination et, plus largement, critiqué les choix mi-chèvre mi-chou de M. Ramaphosa.

"Nous avons besoin d'un changement réel, et il ne peut intervenir qu'en écartant l'ANC du pouvoir en 2019", a lancé le chef de l'Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane.

"Le scrutin de l'an prochain sera très important", a confirmé l'analyste Mari Harris. "Ramaphosa a besoin d'un mandat clair pour se débarrasser de tous les ministres contestés".

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