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Maroc - Le comédien Sam Touzani remonte les bretelles à Jamel Debbouze

L'artiste belge d'origine marocaine Sam Touzani a gentiment remonté les bretelles à son compère français d'origine marocaine Jamel Debbouze.

Dans une vidéo reprise d’un extrait de la télévision belge et postée par DemainOnline, Sam dit toute son affection pour Jamel, marquant toutefois sa distance politique avec son «petit frère»:

«Je trouve que Jamel Debbouze a une figure charismatique excellente, tout ce qu’il touche il le transforme en or, mais là où je ne suis pas du tout d’accord avec mon petit frère Jamel, c’est que moi en tant que citoyen belge, je fais allégeance au peuple marocain et que notre ami Jamel Debbouze fait allégeance à la dictature marocaine. Voilà en quoi nous sommes vachement différents».

Preuve à l'appui, VoxMaroc publie une rare photo de Jamel baisant la main de Mohammed VI lors du Festival du cinéma de Marrakech. Le blog explique en substance:

«Caricaturer un dictateur arabe en la personne de Sadafi —en référence à un de ses sketches où il parodie en un seul personnage Saddam et Kadhafi— n'est au mieux que de la "déconnade" et au pire un gagne-pain pour Jamel, car ce n'est pas son aversion apparente pour les despotes qui l'immunise contre le syndrome de la "carpettite aigüe" face à celui qu'il qualifie de "son ami le roi".»

Vox Maroc n'est pas du tout tendre avec le comédien français, dont la trajectoire a fait de lui une véritable icone médiatique:

«Jamel qui a fait de son origine défavorisée de "gars de la banlieue" son fond de commerce, a choisi son camp face à la lutte pour la dignité du peuple marocain, et au-delà, des peuples de la région. Comme beaucoup de lèche-babouches à Mohammed VI, il ne rougira pas de faire dans l'indignation sélective: une conscience démocratique et une morale sans faille qui resteront au vestiaire lorsqu'il se rendra au Maroc.»

Pour sapart, Sam Touzani avait été devancé par une autre artiste belge d’origine marocaine: la comédienne Lubna Azabal qui a récemment reçu le Prix Magritte de la meilleure actrice pour son rôle dans le film «Incendies» du réalisateur québécois Denis Villeneuve. Elle l’a dédié «aux femmes du printemps arabe» alors qu’un vieil usage bien ancré en terre chérifienne voudrait qu’artistes, sportifs et autres scientifiques de renom dédient d’abord leurs trophées au roi.

Lu sur DemainOnlineVoxMaroc

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