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Maroc - Les «milices numériques» du roi Mohammed VI

Toute personne qui «désacralise» Mohammed VI sur Internet devra désormais redouter la vengeance de miliciens 2.0, comprenez des hackers qui mettent au nom de leur ultra monarchisme, leurs talents d’informaticiens chevronnés.

Le phénomène ne serait pas marginal selon le blog VoxMaroc, dont la vocation est de «rendre public ce que le Makhzen -le pouvoir royal- ne veut pas entendre».

«Parallèlement à la révolte des internautes, des groupes de piratage "officiels" se sont formés, semant la terreur sur le web. Des pages portant l'étendard de la monarchie se font le relais du discours monarchiste et nationaliste à outrance, véhiculé par certains médias proches du pouvoir. Cette armée invisible du web qui s'attaque aux cyber activistes agit évidemment au nom de Mohammed VI et affiche pour devise la Sainte Trinité marocaine: Dieu - la Patrie - le Roi.»

 VoxMaroc fait état des faits d’arme d’un des plus célèbres groupe de hackers sur la Toile qui se fait appeler du doux nom de Moroccan Kingdom Attack. Ce groupe a d’ailleurs mis en ligne sur YouTube une vidéo inquiétante où il promet de «dégommer» à l’arme automatique les activistes les plus en vue de la Toile.

«Les hackers de Sa Majesté», comme ils aiment parfois à s’appeler, s’attaquent aux pages Facebook des militants du Mouvement du 20 février, à leurs boîtes e-mails, aux blogs qualifiés de dissidents et aux sites d’information indépendants comme Demain Online du journaliste Ali Lmrabet qui en subi régulièrement les assauts.

La journaliste Maria Moukrim en a elle aussi fait les frais: sa page Facebook a été piratée. La cause? Elle vient de lancer un site arabophone nommé Febrayer.com en hommage au mouvement contestataire du 20 Février.

Cette cyberguerre n’est pas seulement l’apanage d’individus et de groupes isolés, elle est aussi menée ouvertement par les services de renseignement du royaume qui scrutent les réseaux sociaux pour chasser les antimonarchistes. On l’a vu avec l’affaire du jeune Walid Bahomane ou encore celle plus ubuesque d’un soldat facétieux qui a pastiché la photo de son supérieur en grade avec le corps de la chanteuse Shakira

Cette guerre se caractérise aussi par la désinformation virale. Dernière opération en date, la tentative de faire croire à l’opinion publique que l’image d’un enfant implorant les forces de l’ordre qui avaient investi son domicile lors de l’insurrection de la ville de Taza –image qui avait fait le buzz sur la Toile-, était en fait un trucage d’une photo d’un enfant prise lors de l’offensive israélienne de Gaza en 2009. Mal leur en a pris. Une enquête de terrain menée par le site arabophone Lakome.com a révélé la supercherie: «l’enfant de Gaza» est bien de Taza.

Lu sur VoxMarocLakome.com

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