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Guinée - Une «journée ville morte» pour exprimer le ras-le-bol

«Exprimer le ras-le-bol des Guinéens face aux violations répétées par le pouvoir des droits de l’homme et des libertés fondamentales», c’est le motif avancé par l’opposition guinéenne pour lancer ce lundi 13 février, une journée ville morte sur toute l’étendue du territoire national.

Les leaders du collectif de l’opposition pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) ont multiplié les déclarations la semaine auparavant martelant que « trop, c’est trop ». Cette coalition considérée comme l’aile radicale de l’opposition dénonce, dans un communiqué publié par Guineenews, une «répression sauvage de toutes les manifestations pacifiques initiées par l’opposition et les entraves aux libertés fondamentales ».

Pour étayer leurs accusations, les opposants citent entre autres les entraves à la liberté d’expression et de mouvement des leaders politiques tels Cellou Dalein Diallo de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG, principal parti de l’opposition), Sidya Touré de l’Union des Forces Républicaines (UFR) et de Lansana Kouyaté du Parti de l’Espoir pour le développement national (PEDN), tous des anciens Premiers ministres. Ils dénoncent également l’arrestation, la détention et la mort de plusieurs militants et cadres de l’opposition et taxent le pouvoir du président Alpha Condé de vouloir les «museler».

Selon le porte-parole du gouvernement, Dirus Dialé Doré, l’opposition est  en «perte de vitesse» et «veut créer un climat de tension et de violence dans le pays» rapporte Africaguinee. Il a qualifié le communiqué de l’opposition appelant à la journée ville morte de «tract».

De son côté, le gouverneur de la capitale Conakry Sékou Resco Camara, connu pour ses frasques, a mis en garde contre «tout fauteur de trouble».

«Tout commerçant qui refusera d’ouvrir sa boutique ou magasin ce lundi s'en verra déposséder purement et simplement», a-t-il menacé.

A la fin de la semaine précédant la journée d'action, le président Condé a rencontré des jeunes du quartier de Bambéto, foyer de la contestation à Conakry, pour tenter de les dissuader de déclencher d’éventuelles violences. La population écrasée par la cherté de vie est prise en tenailles par les bisbilles entre le pouvoir et l’opposition.

Le dialogue politique relancé en début d’année est au point mort. Les élections législatives censées se tenir six mois après la présidentielle de 2010 ne sont toujours pas organisées. Elles devraient marquer la fin d’une transition entamée depuis la mort du président Lansana Conté en décembre 2008. Un blocage qui inquiète les institutions internationales comme le Programme des Nations Unies pour le dévelopement (PNUD) qui rappelle «l'importante étape à franchir qu’est la tenue des élections législatives».

Lu sur Guineenews, Africaguinee

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