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CIJ: Malabo revendique son "indépendance totale" face

La Guinée équatoriale a revendiqué mardi son "indépendance totale" devant la Cour internationale de Justice (CIJ) face à la France, qu'elle accuse d'avoir violé l'immunité du fils du président équato-guinéen condamné par un tribunal parisien dans l'affaire dite des "biens mal acquis".

Les relations entre les deux pays sont tendues depuis que la justice française a ouvert en 2016 un procès contre Teodorin Obiang, fils du président Teodoro Obiang et lui-même vice-président équato-guinéen, accusé d'avoir pillé les caisses de l'Etat et d'avoir acheté des propriétés somptueuses dans les endroits les plus chers du monde.

En ce deuxième jour d'audience publique, l'ambassadeur de Guinée équatoriale aux Pays-Bas, Carmelo Nvono Nca, a dénoncé "l'indifférence affichée par la France quant à nos droits de souveraineté" et rappelé l'"indépendance totale" de son pays.

Pour Malabo, c'est à des "principes fondamentaux en matière d'égalité souveraine et de non-intervention dans les affaires internes d'autres Etats" que "la France a porté préjudice, comme elle a porté préjudice" à la Guinée équatoriale, a poursuivi M. Nvono Nca.

Jugé depuis 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris, Teodorin Obiang a été condamné, en octobre dernier, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, également avec sursis, dans cette affaire des "biens mal acquis".

Un jugement rendu "contre notre vice-président en violation flagrante du droit international qui a donné lieu à une profonde indignation dans mon pays", a martelé le représentant équato-guinéen.

"Les actes, corrects ou non, de certains individus ne sont pas pertinents en la présente espèce. Il ne s'agit pas ici d'individus mais bien d'Etats", a-t-il assuré.

La Guinée équatoriale avait demandé à la CIJ d'exiger la suspension des poursuites judiciaires françaises, dénonçant une violation de l'immunité du vice-président. Mais la Cour avait refusé cette requête et laissé libre cours à la justice française.

Lundi, Paris a contesté la compétence de la Cour dans cette affaire et accusé Malabo de vouloir "paralyser" la procédure pénale française dans l'affaire.

"La saisine de la CIJ", basée à La Haye, "n'est ni plus, ni moins un moyen pour la Guinée équatoriale de faire de la Cour une caisse de résonance pour mettre en avant ses arguments", avait déclaré devant les juges Alain Pellet, professeur émérite à l'Université Paris Nanterre, membre de la délégation française.

"J'ai l'impression que les avocats de la France cherchent à poursuivre ici le procès qu'ils mènent en France, en oubliant que cette Cour internationale de Justice ne fait pas partie du système judiciaire français", a rétorqué M. Nvono Nca.

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