CAN: la fièvre monte en Zambie avant la finale


Des Zambiens célèbrent la victoire de leur sélection sur le Ghana en demi-finale de la CAN-2012 le 8 février 2012 dans les rues de Lusaka AFP Joseph Mwenda

 La Zambie, propulsée contre toute attente en finale de la Coupe d'Afrique des nations 2012, bouillonnait d'espoir et d'émotion vendredi à deux jours de ce match, vécu comme un triomphe avant même d'être joué.

Depuis le début du tournoi, encore jamais remporté par la Zambie malgré deux finales en 1974 et 1994, les Chipolopolos ou "Boulets de cuivre" assurent le spectacle pour des supporteurs nationaux aux anges, qui n'en croient pas leurs yeux.

Après une entrée en scène magistrale face aux Lions du Sénégal terrassés 2 à 1, les Boulets ont poursuivi sur leur lancée, robustes, soudés, les pieds sur terre, et surtout invaincus, mettant au comble un public zambien qui rêve désormais en vert et blanc.

La fin des matches à peine sifflée, la température est à chaque fois brusquement montée dans les rues de Lusaka, la capitale zambienne, où l'on a même déploré 32 accidents de voiture après la victoire mercredi soir en demi-finale contre le Ghana, faisant 7 morts.

En un mois, la pagaille occasionnée par les manifestations de liesse populaire a fait 11 morts, selon une porte-parole de la police, Elizabeth Kanjela.

Pour les vendeurs ambulants, c'est l'aubaine. Les T-shirts aux couleurs des Chipolopolos se vendent comme des petits pains. On siffle, on klaxonne de joie presque non-stop toute la journée à Lusaka, et la ville résonne du bruit assourdissant des trompettes en plastique, les fameuses vuvuzelas.

Les plus fanatiques circulent en ville le visage peint aux couleurs des joueurs.

A la Une des journaux, le football a pris le pas sur la politique, s'invitant jusque dans les éditoriaux dans un pays en pleine transition depuis l'élection sans heurt à la présidence le 20 septembre 2011 de l'opposant, Michael Sata, 74 ans.

De fait, le succès prend des allures de résurrection nationale, dans un pays encore meurtri par le souvenir du tragique crash aérien du 28 avril 1993 qui avait anéanti l'équipe nationale.

En route pour Dakar, 18 joueurs de l'équipe nationale avaient trouvé la mort dans l'accident de leur avion, un appareil de l'armée zambienne qui s'était écrasé au décollage juste après une escale technique à Libreville, faisant 30 morts au total.

Ironie du sort, c'est à Libreville que la finale se jouera dimanche face aux Eléphants de Côte d'Ivoire, grand favoris.

"La seule façon d'honorer nos héros sera de sortir vainqueurs", a confié à l'AFP Zeddy Saileti, entraîneur adjoint au Nkana FC, l'un des meilleurs clubs du pays, issu de Kitwe dans la région minière dite de la "ceinture du cuivre".

Zeddy Saileti, de même que Linos Makwaza, l'entraîneur du Nkana FC, étaient du voyage en 1994 quand l'équipe, hâtivement rebâtie sur les cendres de celle disparue l'année d'avant, avait gravi la deuxième marche du podium, concédant la défaite 2-1 en finale contre le Nigeria.

Mais cette fois, assurent-ils, c'est différent car la victoire viendrait couronner une trajectoire aussi inattendue qu'impeccable pour une équipe d'outsiders sur lesquels personne ne misait, sans vedette, et comptant un seul joueur évoluant en Europe, l'attaquant Emmanuel Mayuka (Young Boys de Berne, Suisse).

 

 

l'auteur

Slate Afrique avec l'AFP

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mise à jour 11/02/2012

 
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