Burkina Faso - Halte aux sacrifices sur la voie publique

Des œufs frais, des fragments de canaris, des cheveux, de la cola, des fils multicolores, des cornes, du papier blanc… Difficile de se promener en Afrique sans enjamber ces colifichets dans un embranchement de sentiers. Souvent recommandés par des féticheurs, ces offrandes sacrificielles sont sources d’insalubrités et présentent des risques sanitaires que dénonce lefaso.net.

«Jeter des "ordures" au beau milieu d’une chaussée, c’est exposer les usagers aux risques d’accidents. Que dire de la santé?» s’agace le portail d’informations.

Les «ordures» en questions sont des sacrifices recommandés par un féticheur, un sorcier, un marabout ou un «devin». Ils sont souvent constitués de papier blanc, d'œufs, de cornes, de boules de cendre, de sang, etc. déposés à des carrefours.

Par ambition, croyance, ces sacrifices sont censés accomplir le miracle pour trouver un job, conquérir l’âme sœur, se protéger du mauvais sort jeté par une coépouse, ou retrouver la virilité ou la fécondité.

Ces pratiques sont observées en zones rurales comme dans les centres urbains. Si ces objets d’un genre particulier passent anodins dans les sentiers ruraux, dans les villes comme à Ouagadougou au Burkina Faso, ils sont de plus en plus perçus comme un facteur d’insalubrité. Un surplus de travail pour les services de salubrité urbaine souvent défaillants.  

Ces sacrifices présentent aussi des risque de santé pour les populations puisque «les choses jetées dégagent très souvent des odeurs nauséabondes» explique lefaso.net.  Certaines personnes s’enduisent de décoctions fermentées d’écorces censées les «blinder» contre les mauvais esprits.

Plus grave, des sacrifices humains font partie du lot donnant lieu à des découvertes macabres d’organes humains découpés, qu’on appelle «pièces détachées», et jetés dans des bacs à ordures.  Les albinos et les enfants à bas âges constituent des cibles potentielles. L’Ouganda et le Gabon sont souvent cités dans la presse comme des pays ou se pratiquent des sacrifices humains en Afrique.

Au Gabon, par exemple, l’ampleur du phénomène (119 crimes rituels en trois ans) a poussé Jean-Elvis Ebang Ondo, père d’un garçon «sacrifié» en 2005, à créer l’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR). 

Lu sur lefaso.net

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mise à jour 11/02/2012,

 
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