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Afrique du Sud: le président Zuma exclut la nationalisation des mines


Le président sud-africain Jacob Zuma le 9 février 2012 à Cape Town AFP/Pool Mike Hutchings

Le président sud-africain Jacob Zuma a exclu vendredi la nationalisation des mines que réclame à cor et à cri l'aile gauche de son parti, le Congrès national africain (ANC)

"La nationalisation n'est pas notre politique. C'est clair et net", a déclaré M. Zuma lors d'un petit-déjeuner avec des hommes d'affaires.

"Je vous en prie... la nationalisation n'est pas la politique de l'ANC ou du gouvernement", a-t-il répété, selon l'agence Sapa.

Plusieurs de ses ministres avaient déjà cherché à rassurer les investisseurs ces derniers jours, profitant d'un important salon du secteur minier, au Cap.

La question de la nationalisation des mines a été soulevée par l'impétueux président de la Ligue de jeunesse de l'ANC, Julius Malema, a rappelé le chef de l'Etat.

"Nous ne faisons pas les choses en secret. Ce n'est pas parce qu'une personne a un point de vue que ça doit faire une politique", a déclaré M. Zuma.

Julius Malema a obligé tant les ministres que les dignitaires de l'ANC a multiplier les mises au point, tandis que le climat d'incertitude qui s'est peu à peu installé a pesé sur l'investissement dans ce secteur stratégique qui emploie plus d'un million de personnes et représente près d'un cinquième du PIB sud-africain.

Son insistance a cependant poussé le parti dominant à lancer une étude visant à déterminer les moyens d'augmenter les revenus que l'Etat pourrait tirer des richesses du sous-sol. Il doit en adopter les conclusions, qui excluent toute nationalisation des mines sud-africaines, mais préconisent de relever la fiscalité qui leur est appliquée.

Jacob Zuma n'avait pas abordé directement la question dans son discours annuel sur "l'état de la Nation", jeudi soir, mais avait indiqué qu'il ne faudrait pas décourager les investisseurs.

"Nous restons attachés à la création d'un secteur minier compétitif au niveau mondial, et à la promotion de cette industrie afin d'attirer des investissements et de réaliser à la fois la croissance industrielle et la nécessaire transformation" du pays, avait-il déclaré.

Il a appelé vendredi le secteur privé à s'investir davantage.

"Vous ne pouvez pas créer des emplois sans que le secteur privé investisse", a-t-il insisté.

Julius Malema, menacé par une longue suspension de l'ANC pour indiscipline, a de son côté renouvelé vendredi ses appels à la nationalisation des mines.