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RDC - Pourquoi il est vital de laisser une place aux hippopotames

De 30.000 dans les années 1990, le nombre d’hippopotames du parc national de Virunga à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) est estimé aujourd’hui à environ 300. L’administrateur du Territoire d’Uvira, l'une des huit subdivisions de la province du Sud-Kivu, lance un appel à la population pour les protéger.

Cette requête intervient après la divagation d’un hippopotame début février à Luvungi, à côté de la rivière Ruzizi. Ayant croisé l'hippopotame, un enfant, qui se rendait aux champs, a échappé de justesse à la mort.

"L’environnement a été massivement détruit dans cette vallée. Conséquence: c’est dans les champs des paysans que les hippopotames viennent désormais se nourrir, ce qui pousse les habitants d’Uvira à les abattre", précise Radio Okapi.

Les provinces du Nord et du Sud-Kivu, frontalières au Rwanda et à l’Ouganda, sont depuis plusieurs années le théâtre d'affrontements opposant les FARDC (Forces armées de la RDC) aux milices étrangères et locales comme les Maï-Maï et les FDLR (Forces démocratiques de Libération du Rwanda).

Cela a eu de graves conséquences sur le lac Edouard, situé dans le parc national de Virunga, dont la mort et la fuite des hippopotames. Face à ce massacre, l'Unesco et la Monuc (Mission de l’Organisation des Nations-Unies en RDC) ont mobilisé des patrouilles pour aider à mettre fin à ce braconnage.

D’après une ONG locale, en 2008 les combattants abattaient en moyenne 10 hippopotames par jour. Et cela n’a pas été sans impact sur la vie des hommes, car sans hippopotame, il n'y a pas de poisson.

Chaque jour, ces mammifères produisent 260 tonnes de crottin qui constitue un engrais naturel. Il nourrit un minuscule phytoplancton dont se régalent des larves et des vers qui, eux-mêmes, nourrissent les poissons (les tilapias).

Des démarches sont en cours avec le gouvernement provincial et les chefs coutumiers pour créer une petite réserve naturelle que la population ne devra plus exploiter. Cela devrait permettre aux hippopotames de se reproduire et se déplacer en toute sécurité.  

En attendant, pour éviter les attaques d’hippopotames, les autorités appellent les villageois à la prudence et à ne pas se baigner dans des endroits réputés dangereux.

Lu Sur Radio Okapi

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