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Egypte - Comment sauver les trésors de l'antiquité des troubles de la révolution?

Le Conseil international des musées (ICOM) tire la sonnette d’alarme en Egypte. Le 6 février 2012 au Caire, l'ICOM a annoncé la publication d'une Liste Rouge d’urgence des biens culturels égyptiens en péril (PDF). L’objectif: protéger le patrimoine culturel du pays des vols d’objets non-inventoriés depuis les sites archéologiques et les musées égyptiens.

Cette initiative a vu le jour en 2011 pour faire face aux répercussions sur le patrimoine des troubles qui ont secoué le monde arabe. Le dernier évènement en date remonte au 18 décembre avec l'incendie de l'Institut d'Egypte qui abritait quelques 200.000 ouvrages, certains rarissimes.

En janvier 2011, les médias avaient donné l’alerte sur l’intrusion de pilleurs, en marge des manifestations politiques, au Musée égyptien de la place Tahrir, mais aussi sur de nombreux sites tels que Kafr Al-Cheikh, Saqqarah, Abou-Sir, Mit Rahina, Louqsor et Assouan.

Le bilan total des pillages des antiquités en Egypte est inconnu mais déjà bien assez lourd. Rien qu’au Musée du Caire, 37 objets manqueraient toujours après la récupération de 17 pièces, rapportait Al-Ahram en avril 2011.

L’Unesco avait alors pris des mesures d'aide d'urgence avec l’ICOM et Interpol pour rencontrer les autorités nationales et évaluer les dommages. Il s’agissait de pister les antiquités volées avant qu’elles ne soient vendues sur le marché de l’art.

Selon un communiqué de l'agence d'informations égyptienne rapporté par All Africa, cette Liste Rouge d'urgence présente des catégories d'objets de styles et d’époques divers, allant de la période prédynastique, pharaonique et nubienne jusqu'à l'Egypte gréco-romaine et copte, ainsi que de la période islamique. La liste ne prétend pas être exhaustive. Devant chaque pièce archéologique en vente se posera la question de la légalité de son exportation.

Les musées, les maisons de ventes aux enchères et les marchands d'art ne pourront en faire acquisition qu’après avoir minutieusement vérifié au préalable leur provenance ainsi que la documentation légale correspondante.

La liste sera distribuée aux officiers de police et des douanes du monde entier, ainsi qu’à des professionnels de l'art pour les aider à identifier les types de biens les plus exposés au trafic illicite et donc sujets à la contrebande.

Le défi de l’ICOM consiste à faire passer l’idée aux populations locales que le patrimoine culturel d’Egypte est leur patrimoine, qu’il est lié à leur identité et représente un soutien à la démocratie et à la compréhension entre les cultures.

L’ICOM a déjà publié des Listes Rouges pour l’Afghanistan, l’Irak, le Cambodge, la Chine, la Colombie, le Mexique, le Pérou et Haiti.

Lu sur All Africa, Al-Ahram

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