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Mali - Bamako tremble sous un nuage de poussière

L’hiver à Bamako? A 16°C (minimale le 7 février), les habitants de la capitale malienne grelottent. La température au mois de février tourne habituellement autour de 36° Celsius. Ce changement climatique accompagné d’un immense nuage de poussière qui enveloppe toute la ville donne un coup de blues aux Bamakois.

«Franchement, ce temps est d’une morosité absolue, moi ça ne me donne qu’une envie, aller me recoucher», se plaint Lara, une habitante de Bamako. Pour Naima qui tient un restaurant au quartier d’affaires de l’Agence de Cessions Immobilières (ACI). «Ce temps est vraiment bizarre». «La journée est si triste», ajoute-t-elle.

Depuis quelques jours Bamako est drapé dans un voile ocre. Des fines particules de poussières charriées par un vent venant du nord réduisent la visibilité et apporte «un froid presque glacial» selon Journal du Mali. Les météorologues expliquent que le phénomène est dû à «un mouvement d’air humide et de vents forts soufflant d’est en ouest entre 40 et 50 kilomètres du sud algérien vers [le] Nord du Mali».

«La poussière qu’ils soulèvent en ratissant le Sahara, combinée à l’humidité favorisée par la vague de neige qui frappe actuellement l’Europe et le Maghreb, occasionne cette brume de poussière dense» rapporte Africatime. Impossible de voir au-delà de 100 mètres dans les zones de forte densité. Les conducteurs de motos sans casques ont sorti leurs turbans (longue écharpe enroulée autour de la tête) pour éviter la poussière dans les yeux et les narines.

De leur côté, le ministère des Transports et l’Agence Nationale pour la sécurité routière (Anaser) appellent les automobilistes à la vigilance.

La pollution apportée par la poussière occasionne des maladies respiratoires comme le rhume, la grippe, la bronchite mais également la méningite. Les enfants sont les plus vulnérables. L’utilisation du beurre de karité, les infusions de kinkéliba et les produits à base de menthol sont conseillés par les services sanitaires.

En novembre dernier le Mali avait été confronté à une brume semblable, sans humidité celle-là. En revanche, ce n'est pas une exception malienne. Plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest sont frappée par le phénomène; c'est le cas du Burkina Faso, du Niger, du Ghana, ou de la Mauritanie. Et cela devrait durer au moins jusqu'au 13 février selon les spécialistes.

Lu sur Journaldumal, Africatime

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