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André Ayew et ses coéquipiers célèbrent le but inscrit en quart de finale face à la Tunisie. REUTERS/Louafi Larbi
André Ayew et ses coéquipiers célèbrent le but inscrit en quart de finale face à la Tunisie. REUTERS/Louafi Larbi

Ce Ghana qui déçoit

Les Ghanéens avaient les moyens de devenir les nouveaux patrons du football africain.

 

 Mise à jour du 19 février 2012: L'attaquant du Ghana Asamoah Gyan (26 ans), qui avait raté un penalty en demi-finale de la CAN-2012 face à la Zambie (0-1), a décidé d'"arrêter temporairement" sa participation à la sélection nationale, a annoncé le 18 février la Fédération ghanéenne (GFA) sur son site.

 

 

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Mise à jour du 11 février 2012: Lors de la petite finale de la CAN, le Mali s'est imposé le 11 Février (2 à 0) face au Ghana. Une belle revanche pour l'équipe entraînée par le bordelais Alain Giresse.

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Certes, il y a la Côte d’Ivoire, si séduisante, si médiatisée. En l’absence de l’Egypte, triple vainqueur des trois dernières Coupes d'Afrique des Nations, et du Cameroun, la sélection ivoirienne fait figure de prétendante légitime au sacre continental. La génération dorée emmenée par son leader Didier Drogba tient là une occasion rêvée d’accrocher enfin un titre à son palmarès. Mais si la logique et les pronostics sont respectés, la Côte d’Ivoire devrait retrouver en finale un sérieux client: le Ghana.

L’autre poids lourd de la compétition avance sans bruit depuis l’ouverture de cette CAN 2012 en Guinée équatoriale et au Gabon. Rarement sereins, contraints au nul (1-1) face au co-organisateur guinéen lors de la phase de poules, les hommes du sélectionneur Goran Stevanovic ont validé leur ticket pour les demi-finales à la faveur d’une bourde du portier tunisien Ayman Mathlouthi durant les prolongations (2-1). Mais pas de conclusions trop hâtives: malgré un parcours peu emballant, cette équipe dispose d’un grand potentiel.

En constante progression

Depuis plusieurs années, les progrès de l’équipe première du Ghana sont indéniables. Lors de la Coupe du monde 2006 disputée en Allemagne, la sélection, alors coachée par Ratomir Dujkovic avait atteint les huitièmes de finale. Défaits par le Brésil, les Ghanéens pouvaient se féliciter de leur parcours pour leur première participation à un Mondial. En 2008, à l’issue de la CAN disputée sur leur sol, les joueurs, dirigés cette fois par le Français Claude Le Roy, s’étaient classés troisièmes.

2010 restera comme une grande année pour le Ghana. Finalistes malheureux de la CAN (jouée en Angola) contre l’Egypte, les Black Stars électrisent le continent pendant la Coupe du monde en Afrique du Sud. Les hommes de Milovan Rajevac se hissent cette fois jusqu’en quarts de finale, avant de rendre les armes face à l’Uruguay, non sans une amère déception: l’attaquant uruguayen Luis Suarez avait repoussé de la main la balle de qualification pour le Ghana dans les dernières secondes.

Sur une courbe ascendante, le Ghana devient un peu plus fort après chaque rendez-vous. La suite logique à cette progression est, bien sûr, un titre. Depuis 1982 et une CAN gagnée en Libye, l’armoire à trophée ghanéenne prend la poussière. Un manque difficile à saisir devant l’étendue du talent de ce pays dans les équipes de jeunes.

Des juniors exemplaires

Si les nations africaines ne rivalisent pas encore avec les cadors européens et sud-américains durant la grande Coupe du monde, la donne n’est pas la même chez les juniors. La Coupe du monde des moins de 17 ans reflète bien les capacités des jeunes africains. Le Nigeria est le pays le plus performant de cette compétition, avec 6 finales pour 3 succès. Le Ghana n’est pas en reste, lui qui compte 4 finales, dont 2 victoires (1993 et 1995).

Plus récemment, ce sont les moins de 20 ans ghanéens qui ont brillé sur la scène internationale. En 2009, ces derniers ont juste tout gagné. Tout d’abord, ils ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations juniors face au Cameroun. Quelques mois plus tard, c’est la Coupe du monde des moins de 20 ans qui s’est offert à eux. Clin d’œil du destin, leur prestigieux adversaire était… le Brésil. Mais pouvait-il en être autrement, alors que les Black Stars sont aussi surnommées «les Brésiliens d’Afrique»?

Plusieurs membres de ces promotions gagnantes font aujourd’hui partie de l’équipe nationale du Ghana. Les défenseurs Dominic Adiyiah et Jonathan Mensah ont franchi chacun de ces caps. Mais le plus fort de tous est sans doute André Ayew. Fils de la légende Abedi Pelé, le feu follet brille autant avec l’Olympique de Marseille qu’avec le Ghana. Il est le symbole et l’avenir d’une nation qui compte s’appuyer sur la fougue et le talent de ses jeunes pousses pour s’installer sur le toit de l’Afrique.

L’équipe la plus forte d’Afrique?

Les voyants sont au vert, et le Ghana se trouve à la croisée des chemins.Tous les ingrédients ou presque sont réunis pour que cette équipe tutoie les sommets. La sélection de Goran Stevanovic allie jeunesse victorieuse et joueurs confirmés. Aux avant-postes, le serial-buteur Asamoah Gyan rôde toujours. Au milieu, outre les arabesques d’André Ayew, Stevanovic peut toujours compter sur le puissant Sulley Muntari.

Et dire que le sélectionneur doit composer sans deux de ses meilleurs joueurs! Michael Essien, l’habituel capitaine, a préféré rester à Chelsea (Angleterre), alors qu’il retrouve peu à peu le haut niveau après une nouvelle blessure grave au genou. Quant au sulfureux Kevin-Prince Boateng, il a pris sa retraite internationale pour se consacrer à l’AC Milan (Italie), club dont il est devenu un rouage essentiel. Le tout à seulement… 24 ans.

Remporter la CAN, trente ans après le sacre de la bande d’Abedi Pelé, est plus qu’un objectif. Tout autre résultat relèverait de l’échec cuisant.

«Jouer la finale est le moins que nous puissions faire. Il est grand temps de rentrer définitivement dans le XXIe siècle du football africain avec la conquête d’un cinquième sacre continental », a affirmé Goran Stevanovic en conférence de presse, avant le match contre la Tunisie.

Alors que l’Egypte et le Cameroun sont rentrés dans le rang pour l’heure, l’Afrique a besoin d’une nouvelle équipe phare. Cela peut être la Côte d’Ivoire, si semblable au Ghana à bien des égards: ses meilleurs éléments évoluent dans les clubs du gotha d’Europe, et elle aussi veut voir sa génération récompensée. Ghana et Côte d’Ivoire se livrent à distance un duel plus important qu’il n’y paraît. La CAN 2012 n’est qu’une partie de l’iceberg; c’est le leadership de l’Afrique qui est en jeu. Après l’obstacle des demies (Mali pour les Ivoiriens, Zambie pour les Ghanéens), aura t-on droit à l’explication finale, pour déterminer qui est la meilleure équipe d’Afrique ?

Nicolas Bamba

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Mise à jour du 19 février: L'attaquant du Ghana Asamoah Gyan (26 ans), qui avait raté un penalty en demi-finale de la CAN-2012 face à la Zambie (0-1), a décidé d'"arrêter temporairement" sa participation à la sélection nationale, a annoncé le 18 février la Fédération ghanéenne (GFA) sur son site.

 

Nicolas Bamba

Nicolas Bamba est un journaliste français, attaché au thème du sport notamment. Il a collaboré avec L'Equipe et Sports.fr

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