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Mali - Fuyant la rébellion, les populations se réfugient dans les pays voisins

Depuis le 17 janvier, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) sème la terreur au Mali. C’est à cette date que le MNLA a entamé une série d’attaques qui touche plusieurs zones du pays. RFI nous apprend que ces offensives de rebelles provoquent un afflux de réfugiés maliens dans les pays frontaliers (Algérie, Burkina Faso, Mauritanie, Niger).

Face à ces arrivées massives, les autorités algériennes ont installé un camp de réfugiés à Khamsin, à 50 kilomètres de Bordj el-Mokhtar (dans le sud du pays). Les réfugiés qui se trouvaient à Bordj ont quitté la ville pour rejoindre el-Khalil, tout près de la frontière algérienne. Tous les jours, des dizaines de Maliens se rendent dans cette localité dans l’espoir d’être amenés au camp de Khamsin.

«Ce sont essentiellement des Touareg et des Arabes qui fuient. Ils ont peur que les mêmes assassinats des années 1990 se répètent», témoigne une jeune Malienne.

Au Niger, c’est dans la localité de Chinegodar, située à 10 kilomètres de la frontière, que les réfugiés affluent. Habituellement, on recense 1.600 âmes dans le village. Actuellement, 6.000 personnes de plus s’y réfugient. Ces derniers campent autour de l’unique puits du village.

Au Burkina Faso, la situation est suivie de près par Amadou Toumani Touré, le président de la République du Mali. Près de 1.500 Maliens se sont réfugiés dans un camp de Mentao, à plus de 200 kilomètres au nord de Ouagadougou et à Pobé Mangao, dans l’extrême nord, frontalier du Mali. Deux hélicoptères soutenus par des troupes à terre surveillent la frontière Nord avec le Mali.

Cet exode ne concerne pas que des gens issus de milieux modestes. Toutes les classes sont représentées. Des hommes d’affaires se mêlent à des policiers, des douaniers, des militaires ou des gendarmes. Des sources indiquent même que parmi les réfugiés, se trouveraient un colonel de la gendarmerie et la femme du ministre malien de l’Agriculture.

Les réfugiés ne sont pas toujours les bienvenus dans ces pays frontaliers. Les Maliens à la peau claire issus des communautés touareg et arabes sont victimes de xénophobie.

Lu sur RFI

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