SlateAfrique

mis à jour le

Algérie - L’économie est-elle gouvernée par l'islamisme?

L’islamisme maintient l’économie algérienne dans le «monde ancien», aux antipodes du capitalisme. Tel est le point de vue de Rachid Bendib exprimé dans une tribune publiée dans Le Quotidien D’oran.

L’universitaire algérien (Département d'Economie Université de Annaba (Algérie) explique son analyse à travers le concept de «mode de distribution rentier» (M.D.R), «qui ne veut pas mourir», qu’il oppose à celui de «mode de production capitaliste» (M.P.C.), «qui ne parvient pas à naître».

Selon lui la rente (pétrolière) constitue le «rapport social dominant» dans une société algérienne frappée d'«anomie» (désintégration, perte de repères). Un renversement de la situation est bien possible pour dépasser la crise. 

«Dans cette optique, l'irruption de l'islamisme, en tant qu'idéologie en vogue, aurait alors pour rôle essentiel de répondre aux intérêts du capital financier au niveau mondial, d'une part et de veiller à la sauvegarde des intérêts des couches rentières au niveau local, d'autre part », écrit-il.

L’imbrication du pouvoir politique dans le courant islamique est favorisée par la montée de la pauvreté, la destruction des solidarités traditionnelles et le manque de repère culturel. Dès lors, le discours politique prend des relents religieux avec pour socle l’application de la Charia (loi islamique). Le glissement vers le dogmatisme devient facile, empêchant «les couches marginalisées» de se révolter contre «un ordre prétendument divin».

Dans son explication, Rachid Bendib renvoie dos à dos les islamistes et les nationalistes dans la pérennisation du système rentier.

«Les soi-disant nationalistes et les soi-disant islamistes représentent en fait non pas les deux pôles de la contradiction principale du moment, mais un seul et même pôle voilé et maquillé différemment selon les contraintes de l'heure», souligne-t-il.

Il accuse le courant islamique «d’endormir la masse» et appelle à l’humanisation de l’homme algérien par  la «liberté» avec comme garant la «démocratie bourgeoise». La solution viendrait donc de la démocratie qui signifierait «la destruction de la rente en tant que rapport social dominant et son remplacement par le travail d'une part et l'émergence de tous les marginalisés sur la scène politique d'autre part». Tout un programme.

Lu sur Le Quotidien d'Oran

A lire aussi

Le mystère des origines de Bouteflika

Algérie - S'immoler par le feu a-t-il encore un sens?

Vague islamiste, Bouteflika n'en veut pas!