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Canada - Un Marocain arrêté pour un SMS suspect

Peser bien vos mots avant d’envoyer un SMS au Canada. Un entrepreneur québécois d’origine marocaine en a fait la désagréable expérience. Saad Allami, un employé d’une entreprise de télécommunications, a écrit un message à ses collègues pour les encourager «à détruire la concurrence» lors d’une foire commerciale organisée aux Etats-Unis, raconte le journal de Toronto The Globe and Mail:

 «Salem, je serai à New York le 25 janvier, on va exploser ACN [une grande société américaine], si vous avez des contacts référez-les moi.»

Ce texto innocent a pourtant eu «des conséquences dévastatrices» sur la vie de cet homme. Il a en effet été arrêté trois jours plus tard par des agents de la Sûreté du Québec alors qu’il allait chercher son fils de sept ans à l’école.

«Une équipe de policiers a fait irruption dans sa maison, racontant à sa femme qu’elle était mariée à un terroriste. Ses collègues ont aussi été détenus à la frontière américaine pendant plusieurs heures en raison de leur lien avec lui», explique The Globe and Mail.

Relâché le lendemain, ce commercial québécois âgé de 40 ans, a déclaré qu’il n’avait aucun rapport avec des organisations terroristes et que la police avait agi sans preuve et en n'ayant effectué aucune recherche. Il n’a jamais été accusé dans d’autres affaires judiciaires.

Il a expliqué qu’il avait utilisé le terme «exploser» en français car il s’agit selon lui d’un mot courant en finance pour exprimer un succès.

Dans un communiqué, le Conseil musulman de Montréal a aussi pris la défense de Saad Allami, rapporte Afrique Expansion magazine.

«Il est clair que cette arrestation tient du profilage racial et d'une réaction épidermique. Il a été qualifié de présumé terroriste simplement à cause de sa religion», a déclaré Salam Elmenyawi, le président de cette organisation musulmane.

«Prises dans leur contexte, les déclarations de M. Allami n'évoquent rien qui puisse susciter une telle réaction ou de la suspicion», a-t-il ajouté.

Saad Allami réclame désormais une compensation de 100.000 dollars canadiens (plus de 75.000 euros) auprès de la police québécoise et du gouvernement de la province.

Une audience à la Cour supérieure du Québec sur cette affaire est prévue le 5 mars prochain.

Lu sur The Globe and Mail, Afrique Expansion Magazine

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