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Crise politique en Afrique du Sud: la direction de l'ANC annule tout engagement

Les plus hauts responsables du parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), ont annulé tous leurs engagements publics vendredi, en pleines tractations autour d'un départ anticipé du président Jacob Zuma.

Le chef de l'Etat, empêtré dans des affaires de corruption, a jusqu'à présent obstinément refusé de rendre les rênes du pouvoir, en dépit des injonctions de la direction de son parti.

"Les responsables de l'ANC ne participeront plus" à leurs engagements prévus jusqu'à samedi dans le cadre du centenaire de la naissance de la figure historique du mouvement Nelson Mandela, a annoncé le parti.

Cette décision a été prise "en raison d'autres engagements nécessitant leur présence", a expliqué l'ANC sans plus de détails.

Le président Zuma et le nouveau patron de l'ANC, Cyril Ramaphosa, ont engagé cette semaine des discussions directes pour négocier "la transition". L'issue de ces pourparlers est "imminente", avait assuré jeudi soir l'ANC.

Depuis plusieurs jours, tout l'agenda politique sud-africain est bouleversé par la crise qui agite le parti au pouvoir.

Prévu jeudi, le discours annuel du président de la République sur l'état de la nation, temps fort de la vie politique du pays, a été reporté pour la première fois de l'histoire à une date ultérieure.

MM. Ramaphosa et Zuma ont annulé ou reporté jeudi leurs engagements prévus cette fin de semaine.

Un discours du chef de l'ANC dimanche après-midi au Cap est en revanche maintenu. 

Le 4 février, la direction du parti avait demandé au président Zuma de démissionner, une injonction qu'il avait superbement ignorée. Le parti reste cependant divisé sur le sort à lui réserver.

Les partisans de M. Ramaphosa, qui a été élu en décembre à la tête de l'ANC sur son programme de lutte contre la corruption, veulent se débarrasser au plus vite de M. Zuma, en vue des élections générales de 2019.

L'ANC, qui dirige l'Afrique depuis la fin officielle du régime d'apartheid en 1994, est discrédité par le maintien au pouvoir de M. Zuma et pourrait perdre les élections de l'an prochain, avancent-ils.

Les pro-Zuma demandent, eux, que leur chef termine son second mandat, qui expire en 2019.

Si M. Zuma démissionne, il sera remplacé par M. Ramaphosa, pour une période d'interim de 30 jour maximum, le temps pour le Parlement d'élire un nouveau chef de l'Etat. Sauf coup de théâtre, M. Ramaphosa est assuré d'être élu.

bed/pa/jlb

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