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Afrique du Sud: l'Etat va indemniser les victimes d'un scandale de maltraitance

Le gouvernement sud-africain va indemniser les familles de plus d'une centaine de malades mentaux décédés en quelques mois à Johannesburg de mauvais traitements ou faute de soins et de nourriture dans des conditions qui ont choqué le pays.

L'Etat et la plupart de ces familles sont parvenus à un accord sur le versement pour chaque plaignant de 200.000 rands (13.500 euros) pour les frais d'enterrement et le préjudice émotionnel, a annoncé jeudi une avocate des victimes, Adila Hassim, devant le tribunal arbitral en charge de l'affaire.

Cet accord ne couvre pas l'indemnisation de la "violation des droits constitutionnels", dont le montant sera déterminé par le tribunal, a ajouté Mme Hassim à Johannesburg.

Le scandale a éclaté il y a un an, lorsqu'un rapport officiel a révélé que des malades mentaux --leur nombre a été établi depuis à 144-- étaient morts après avoir été transférés d'un hôpital de Johannesburg vers des ONG pas habilitées à les recevoir.

Les autorités provinciales ont expliqué avoir ordonné ce transfert en urgence pour des raisons budgétaires.

Depuis octobre dernier, les familles des victimes ont décrit devant ce tribunal les détails des maltraitances infligées à leurs proches. "Un animal n'aurait pas été traité comme ça", a résumé la soeur d'une victime, Sandra de Villiers.

Tous les responsables provinciaux de la santé convoqués à la barre se sont confondus en excuses et se sont renvoyés la responsabilité du désastre. 

"Je n'ai jamais reçu d'information indiquant que le projet (de transfert) pouvait présenter un danger pour la vie des patients", a assuré l'ex-ministre de la Santé pour la province du Gauteng, Qedani Mahlangu, qui a démissionné depuis.

Les dénégations contre toute évidence de ces responsables ont scandalisé les familles des victimes.

"Ils ont touché leur salaire tous les mois et ils n'ont pas levé le petit doigt pour protéger ces patients", s'est exclamé jeudi, outré, le juge qui préside le tribunal, Dikgang Moseneke.

Les avocats des victimes ont commencé le même jour leurs dernières plaidoiries, avant un jugement attendu le mois prochain.

En parallèle de cette procédure, la police a ouvert une enquête criminelle, qui pourrait aboutir à un procès pénal contre plusieurs des responsables mis en cause.

pa/bed/jlb

    

AFP

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