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CAN 2012: l'international malien Seydou Keita s'inquiète pour la paix dans son pays

Malgré une qualification du Mali face au Gabon pour les demi-finales de la CAN 2012, le milieu de terrain malien Seydou Keita a lancé le 5 février un appel à la paix dans son pays secoué au nord par la rébellion touareg.

«Le football, ce n’est qu’un jeu. La vie, c’est plus que le foot. On ne peut pas être contents. On est tristes, vraiment tristes», a déclaré le capitaine des Aigles aux médias à la sortie du match.

Les rebelles touareg, notamment ceux du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), ont lancé le 17 janvier une vaste offensive à Ménaka dans le nord du Mali, la plus importante depuis 2009. Cette rébellion est née en juillet 2011 dans le but d'obtenir l'autodétermination de cette région.

Au moins 10.000 personnes auraient fui les combats pour trouver refuge à la frontière mauritanienne, mais aussi au Burkina Faso, au Niger et en Algérie. Les troupes des rebelles touareg ont été dernièrement renforcées par le retour de combattants ayant servi en Libye pour l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, ce qui a mis fin à des années de paix relative.

«J'aimerais dire à mon peuple, à mon pays, ce qui nous arrive aujourd'hui ce n'est pas normal. On n'est pas habitué à ça. Tout ce que je demande, c'est de faire la paix. On est tous des Maliens. Ce n'est pas normal qu'on se tue entre nous», suppliait Seydou Keita à la conférence de presse.

Le 2 février, des échauffourées ont éclaté à Bamako contre l'armée malienne pour dénoncer la faible réponse des autorités face à la rébellion. A trois mois de l'élection présidentielles du 29 avril, responsables religieux, partis politiques et associations de défense des droits de l’homme tentent de s'unir pour condamner ces attaques, notamment celle du 24 janvier dernier, contre les militaires maliens à Aguelok dans le nord-est du Mali.

«J'ai la peur au ventre. On lance un message au président de faire le maximum pour que cette situation s'arrête, que les gens du nord arrêtent de se tuer entre eux», a conclu Seydou Keita.

Le milieu de terrain du FC Barcelone reste cependant impatient de rencontrer mercredi 8 février les Éléphants de Côte d'Ivoire en demi-finales. Les Aigles d'Alain Giresse tenteront d'atteindre pour la deuxième fois depuis 1972 la finale de la CAN.

Lu sur Afrik.com, RFI, Agencia AngolaPress, Rugby 365

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