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RDC: 248 femmes se sont déclarées victimes de viol dans le Sud-Kivu


Des femmes brandissent  à Bukavu des cartons stigmatisant les abus sexuels en République démocratique du Congo pour la Journée mondiale de la femme en 2010 AFP/Archives Gwenn Dubourthoumieu

Quelque 248 femmes ont déclaré avoir été violées entre le 10 et le 13 juin par des soldats en fuite emmenés par un colonel, à Abala, Kanguli et Nakiele dans la province du Sud-Kivu (est) en République démocratique du Congo, selon un décompte de l'AFP d'après des sources médicales.

Le médecin de l'hôpital de Nakiele a ainsi précisé à l'AFP que 121 femmes de cette localité ont déclaré avoir été violées dans la nuit du 11 au 12 juin, comme l'a confirmé vendredi l'ONU. A Abala, l'infirmier du Centre de santé a donné le chiffre de 55 femmes ayant dit avoir été violées dans la nuit du 10 au 11 juin, et l'infirmier de Kanguli a enregistré les déclarations de 72 femmes de ce village ayant affirmé avoir été victimes de viol, dans la même nuit.

Kanguli (7.000 habitants) et Abala (6.400) sont situés respectivement à 5 et 7 km de Nakiele (12.300), dans le territoire de Fizi au sud du Sud-Kivu.

Selon le chef du village de Nakiele, Losema Etamo Ngoma, interrogé sur place par l'AFP, ces viols et aussi des pillages ont été commis par au moins 150 soldats armés emmenés par le colonel Nyiragire Kulimushi, alias "Kifaru", qui avaient fui à pied le 8 juin le centre militaire de Kananda, à 64 km au sud de Nakiele.

Le colonel Kifaru est un ancien milicien Maï Maï des Patriotes résistants congolais (Pareco), intégré en 2009 dans l'armée nationale à la suite d'un accord de paix avec Kinshasa.