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Mali - La France, alliée des rebelles touareg?

Le Mali est en proie à une forte période de trouble. Le 17 janvier, des rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) ont attaqué l’armée malienne à Ménaka, dans le nord du pays. Depuis, le MNLA s’est lancé à l’assaut de quatre autres villes. L’Azawad se trouve dans le Sahel, une région contrôlée par Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) qui kidnappe régulièrement des otages. Ainsi, Bamako estime que la France est derrière ces prises d’otages, indique le journal algérien Liberté.

Des services de renseignements en Afrique de l’Ouest avancent l’idée que la prise en otage des Français Philippe Verdon et Serge Lazarivic était montée de toutes pièces et qu’elle a permis «à la rébellion touarègue d’avoir deux planificateurs militaires dans ses rangs.»

La presse de la capitale malienne émet des critiques acerbes à l’égard de l’Hexagone. Les médias maliens précisent à la France que «ce Mali qu’elle poignarde aujourd’hui, a fourni le plus gros contingent de tirailleurs sénégalais qui ont contribué à libérer la France de l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Et que leurs héritiers, qui se battent pour la liberté et l’unité de leur pays dans les confins sahariens, ont conservé la bravoure de leurs illustres devanciers», rapporte Liberté.

Selon le journal algérien, Bamako «parle de crise de confiance croissante avec Nicolas Sarkozy» et observe que «Rfi et France 24 relayent les communiqués du MNLA, via Moussa Ag Assarid, émigré anonyme jusqu’au déclenchement des hostilités, en décembre 2010». Et de penser que «les rêves récurrents d’autodétermination de la communauté touarègue sont alimentés par la France».

La reprise du conflit entre l’armée malienne et le MNLA a fait plus d’une centaine de morts et davantage de blessés. Ce mouvement de libération est né des débris des rébellions des années 90 et des membres du Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM). Le MNLA est également allié au Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), un groupe salafiste. Leur objectif est de créer un Etat touareg du Nord-Mali.

En octobre dernier, le mouvement a été rejoint par une partie de l’armée touareg du colonel Kadhafi.

La reprise du conflit par le MNLA nourrit de nombreuses inquiétudes dans la région. Les pays victime de conflits identitaires (Sénégal, Angola, République démocratique du Congo, Tchad) craignent que ces troubles fassent des émules.

Le gouvernement essaie tant bien que mal de lutter contre ces groupes armés. Au Sahel, les Touareg,