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Sénégal - Le ras-le-bol citoyen à visage découvert

Couvrir la crise politique sénégalaise à travers les visages de ceux qui s'opposent à la candidature du président sortant Abdoulaye Wade, tel est le projet suivi par le site Afrique in visu. Le site de cette association consacre un dossier à la contestation au Sénégal. Cette plateforme participative d’échanges autour du métier de photographe en Afrique publie, en images et en textes, les portraits de neuf citoyens sénégalais, personnalités en vue ou simples anonymes.

Le photographe Camille Millerand et le journaliste Simon Maro sont allés à la rencontre de ceux qui croient en l’alternance.

Ils ont interrogé notamment Makhtar Fall dit Xuman, un pionnier du hip-hop sénégalais. L’artiste de 37 ans dénonce notamment l’enrichissement personnel des proches du président Abdoulaye Wade.

«Je ne blâme pas Wade pour tout ce qui nous arrive. (…) Mais, Wade est coupable d’une chose: c’est d’avoir banalisé le mot «milliard». Depuis que Wade est au pouvoir, les scandales sont de plus en plus importants. La manière dont l’argent est dilapidé, la façon dont le pays est géré, tout cela c’est la faute de Wade et c’est pour cela que les gens sont vexés», explique-t-il.

A l’approche des élections, le chanteur va ainsi sur le terrain pour sensibiliser la population et inciter les Sénégalais à voter.

Les deux journalistes français ont aussi donné la parole à Amy Sakho, une juriste de 32 ans, qui peine à trouver du travail. Désabusée, la jeune femme critique un système qui ne laisse pas la place au mérite:

«J’ai vu des cartouchards (surnom donné aux étudiants exclus après avoir échoué deux fois en 1ère année) devenir de hauts responsables, des présidents de conseil d’administration. Tu étais au lycée avec un camarade. Lui échoue à l’université. Et pourtant, un jour tu le vois à la télé, il est directeur de je ne sais quoi!»

Malgré sa réussite personnelle, Mansour Cama, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), n’hésite pas non plus à monter au front. Ce chef d’entreprise déplore le manque de compétitivité de l’économie sénégalaise:

«Vous ne pouvez pas asseoir une économie solide si la gouvernance publique n’est pas au rendez-vous. Malheureusement, on peut noter que la gouvernance publique pose problème sur bien des aspects et que la corruption au Sénégal a pris une proportion qui inquiète dangereusement.»

Un nouveau portrait est à découvrir chaque mardi et jeudi jusqu’au vendredi 24 février.

Vu sur Afrique in Visu

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