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L'équipe nationale de Zambie (en orange) est l'une des grandes surprises de la CAN 2012. REUTERS/Amr Dalsh
L'équipe nationale de Zambie (en orange) est l'une des grandes surprises de la CAN 2012. REUTERS/Amr Dalsh

Les dix plus grosses surprises de l'histoire de la CAN

L'édition 2012 de la Coupe d'Afrique des Nations est celle de toutes les surprises. Mais bien avant cette année étonnante, la compétition reine du football africain avait réservé son lot de cris, de larmes et de joies incommensurables.

CAN 2012: Le Sénégal et le Maroc éliminés au premier tour

Les éliminatoires avaient débuté fort: tour à tour, l'Egypte, triple championne d'Afrique en titre, et le Cameroun de Samuel Eto'o ont trébuché. Vite suivis par l'Algérie, le Nigeria ou l'Afrique du Sud, outsiders potentiels. Ces équipes qui réunissent pas moins de quatorze titres continentaux restent toutes à la maison. La compétition elle-même est du même acabit. Et les surprises s'enchaînent. Ainsi, le Sénégal et le Maroc, deux candidats à la victoire finale, chutent tandis que le Soudan, 120e nation au classement mondial, et la Guinée équatoriale, 151e nation, sont qualifiés pour les quarts. Grands favoris, la Côte d'Ivoire et le Ghana ont eux échappé au pire. Sans rien montrer toutefois.

CAN 2010: Le Togo fauché par les balles

Le football est une fête. Mais, en 2010, la Coupe d'Afrique a débuté par un drame. Le 8 janvier, les indépendantistes du Front de Libération de l'Etat du Cabinda
(FLEC) mitraillent les bus qui emmènent le Togo au Cabinda, leur camp de base durant la compétition. Deux morts, de nombreux blessés et une carrière brisée, celle de Kodjovi Obilalé. Alors que les plus grands joueurs africains, Didier Drogba et Samuel Eto'o en tête, menacent de quitter la compétition, la Confédération africaine de football (CAF) se dédouane: arguant que les Eperviers devaient venir en Angola en avion, l'instance dirigeante décide de suspendre le Togo pour les deux prochaines CAN. Une décision aussi incompréhensible qu'inadmissible, heureusement annulée après l'intervention de la FIFA.

CAN 2006: Le Zimbabwe se paie le Ghana

Pour sa deuxième CAN, le Zimbabwe n'a pas grand chose à espérer dans un groupe compliqué où figure le Ghana, le Sénégal et le Nigeria. D'ailleurs, au terme du second match, les Warriors sont déjà éliminés. Leur dernier match, contre le Ghana, compte pour du beurre.

Avec Peter Ndlovu (buteur passé par Coventry et Birmingham) à la barre, le Zimbabwe entend laisser une bonne impression. Comme en 2004 lorsque le petit pays d'Afrique australe avait surpris l'Algérie (1-2). Cette fois, donc, c'est le Ghana, futur huitième de finaliste de la Coupe du monde 2006, qui se fait prendre. Chimedza et Benjani prennent les Black Stars en défaut. Le Ghana est éliminé. Le Zimbabwe aussi mais les Guerriers quittent la compétition la tête haute en s'étant payé le scalp d'une équipe où figure Samuel Kuffour, John Mensah ou Stephen Appiah...

CAN 2004: La Tunisie l'emporte

Dix ans après avoir pris une claque mémorable devant son public, la Tunisie retente le coup en organisant une nouvelle fois la Coupe d'Afrique des Nations. Ayant parfois tutoyé la victoire, cette fois-là à domicile devait être la bonne. Devant une foule enthousiaste dans la nouvelle arène de Radès, la route fut longue, quelquefois hasardeuse et laborieuse. Mais la fin sera heureuse face au Maroc (1-0) en finale. Un dernier match cent pour cent maghrébin et un succès minimum pour les locaux, dirigés par le Français Roger Lemerre, champion d'Europe 2000. Peu importe, l'essentiel est là: les Aigles de Carthage inscrivent leur nom au palmarès pour la première et dernière fois.

CAN 1996: L'Afrique du Sud revient et s'impose

Coupée du monde du ballon rond depuis 1958 pour cause d'apartheid, l'Afrique du Sud profite du désistement du Kenya pour organiser la CAN, six ans à peine après la libération de Nelson Mandela. L'occasion pour la nation arc-en-ciel de montrer de quoi elle est faite. Les All Whites sont devenus les Bafana Bafana qui, emmenés par une génération exceptionnelle (Arendse, Fish, Williams, Bartlett, Masinga, Khumalo...), reviennent sur le devant de la scène, battant au passage le Cameroun (3-0), le Ghana (3-0) et la Tunisie (2-0). Le capitaine sud-africain, Neil Tovey, devient le premier joueur blanc à soulever le trophée.

CAN 1996: Le Nigeria otage de la politique

Champion en 1994, finaliste en 1998 et en 1990, troisième en 1992, la Nigeria est LA superpuissance du football africain des années 90. Mais les Super Eagles ne défendront pas leur couronne en 1996. C'est l'Afrique du Sud qui organise la compétition et les deux pays ont un contentieux qui s'étend dans le milieu du sport.

Le général Sani Abacha, à la tête de la dictature militaire, et Nelson Mandela ne sont pas les meilleurs amis du monde. Pour des «raisons de sécurité», le Nigeria n'ira pas à la CAN. En réalité, le régime militaire, qui vient de faire pendre le chef des militants de la cause ogoni, Ken Saro Wiwa, n’a pas apprécié la condamnation de cet acte par Mandela. Le football est pris en otage, une fois encore, par la politique. Les Super Eagles ont interdiction de faire le trajet jusqu'à Johannesburg pour continuer à asseoir leur domination continentale. Et, accessoirement, cette décision empêche aussi Rashidi Yekini, meilleur buteur en 1992 et en 1994, de continuer à enfiler les buts comme des perles.

CAN 1994: La Zambie survit jusqu'en finale

Un conte de fées. Les larmes de Kalusha Bwalya et ses coéquipiers, battus en finale par le Nigeria (2-1) resteront dans les mémoires de tous les supporters de football. Il faut dire que, à peine un an plus tôt, la majorité de l'équipe nationale zambienne trouvait la mort dans un accident d'avion. Avec une équipe de bric et de broc, les Chipolopolos régalent le continent en faisant chuter la Côte d'Ivoire (1-0), le tenant du titre, dès la phase de poule ou bien le Sénégal (1-0) et le Mali (4-0). Mais les Super Eagles d'Emmanuel Ammunike étaient trop forts et, malgré toute l'envie du monde et le soutien de tout un continent, les Chipolopolos trébuchent sur la dernière marche dans une CAN où le Maroc et le Cameroun, qualifiés pour le Mondial américain, étaient absents.

CAN 1992: Côte d'Ivoire-Ghana, un marathon de tirs au but

A en croire les Ghanéens, si les Black Stars n'ont pas remporté l'édition 1992, c'est en raison de l'absence de la légende, Abedi Pelé. Sans leur meneur de jeu, les Brésiliens d'Afrique ont peiné face à la Côte d'Ivoire, en finale.

Reste que ce match figure dans les annales: pour la première fois de l'histoire, une compétition majeure se décide sur une séance de tirs au but où tous les joueurs, gardiens y compris, ont dû tirer. 0-0 dans le temps réglementaire, 0-0 dans les prolongations. Le suspense consécutif aux tirs au but est insoutenable. La série se termine à l’avantage des Ivoiriens par 11 à 10.

CAN 1978: L'Ouganda surprend tout le monde

Quinze après l'édition de 1963, le Ghana accueille de nouveau la Coupe d'Afrique avec une ambition: ravir un troisième titre continental. Une crise économique aigüe frappe le pays dirigé par la junte militaire du général Ignatius Acheampong. Les populations n’ont pas la tête à la fête. Mais pour le régime, une victoire des Black Stars pourrait être un dérivatif qui ferait oublier les problèmes. Avec une équipe sans stars, les locaux brillent, sans convaincre.

Mais l'essentiel est ailleurs. L'Ouganda  propose un jeu plaisant et dispose du Maroc (3-0), de la République du Congo (3-1) et du Nigeria (2-1) avant de tomber en finale face aux locaux (2-0). C’est la troisième victoire du pays qui lui permet de conserver définitivement le trophée mis en jeu en 1957. Le football ougandais sort grandi de cette compétition avec un buteur nommé Omondi, meilleur marqueur du tournoi avec quatre réalisations. Quant à la Tunisie, elle déserte le terrain lors du match de classement contre le Nigeria en prétextant des erreurs d’arbitrage. Une décision qui va lui coûter cher puisqu’elle sera suspendue pendant deux ans.

CAN 1972: La République du Congo crée la sensation

Le Cameroun va consentir un énorme sacrifice financier pour organiser la CAN. Mais les efforts seront vains puisque les Lions Indomptables se laissent surprendre par le Congo (1-0), qualifié pour les demi-finales... par tirage au sort. Un nul face au Maroc (1-1), une défaite face au Zaïre (2-0) et une victoire face au Soudan (4-2) pour le Congo, trois nuls pour le Maroc. La CAF opte pour le pays d'Afrique centrale. Les Diables Rouges, emmenés par François M'Pelé et le sorcier Jean-Michel M'Bono, remettent le couvert lors de l'ultime match, face au Mali (3-2). C'est seulement la deuxième participation de la République du Congo à une Coupe d'Afrique des Nations.

Nicholas Mc Anally

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Nicholas Mc Anally

Nicholas Mc Anally. Journaliste spécialiste du football africain. Il a collaboré à Afrik-Foot.

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