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Sénégal - Pourquoi Wade prend un avocat... américain

Le président sénégalais veut avoir la justice à ses côtés. Pour pouvoir se présenter une troisième fois, Abdoulaye Wade n'a pas hésité à engager il y a quelques mois un cabinet d’avocats américain.

Selon le site de Marchés tropicaux et méditerranéens, le chef d’Etat africain a conclu cet accord en novembre 2011 avec McKenna, Long & Aldridge (MLA), un cabinet d’avocats américain basé à Washington DC,  au nom de la République du Sénégal.

Le but? Trouver une parade juridique pour pouvoir briguer un troisième mandat à la tête du Sénégal.

Un document que le cabinet américain a dû présenter au département de la Justice des Etats-Unis atteste bien de l’objectif de ce contrat:

«Les avocats de MLA feront des recherches et analyseront la Constitution sénégalaise ainsi que d’autres lois pertinentes et fourniront un avis de légalité concernant la capacité du Président du Sénégal à pouvoir briguer un troisième mandat. En fonction des résultats […], les représentants de MLA pourront aider au développement d’un protocole afin de partager [cette analyse] avec les personnes officielles appropriées et des parties intéressées aux États-Unis et au Sénégal

Ce «plan de travail peut inclure des contacts avec le Département d’État américain» ainsi qu’avec «des membres du Congrès», peut-on lire également dans ce document.

Une lettre adressée par le cabinet d’avocats américain à Abdoulaye Wade précise aussi que la firme a pour mission de réaliser «un livre blanc» regroupant ses conclusions et qu’elle souhaiterait le présenter au président sénégalais  «début novembre en fonction de [ses] disponibilités». Ce courrier a été signé le 9 novembre 2011 par la présidence sénégalaise.

Toujours selon ce document, le coût de ces services se chiffre à près de 115.000 euros de frais fixes, plus 38.000 euros de frais mensuels.

Le président, âgé de 85 ans, n’a pour l’instant plus besoin de cette aide juridique. La validité de sa candidature a en effet été confirmée par le Conseil constitutionnel le 29 janvier. L’opposition n’a désormais plus de recours légal pour contester cette candidature.

Lu sur Marchés tropicaux et méditerranéens

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