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Le courant ne passe plus entre Dakar, Washington et Paris

La candidature du président Wade n'en finit pas de susciter la controverse partout dans le monde. Par voix officielle les Etats-Unis ont demandé au président sénégalais de se retirer tout bonnement de la course présidentielle.

Interrogé sur les ondes de RFI, William Fitzgerald, sous secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines a conseillé Abdoulaye Wade d’aller jouir d’un «repos mérité», indique Rewmi. «Ce n’est pas à nous de décider. Vous avez le Conseil Constitutionnel qui va décider. Pour nous c’est un peu regrettable qu’après tellement de temps, après tellement de services rendus au pays que le président Abdoulaye Wade décide de participer à ces élections», a-t-il continué. A l’en croire, l’heure du départ a sonné pour le chef de l'Etat sénégalais. «C’est le  bon moment pour lui d’aller à la retraite pour protéger et soutenir une bonne transition sous la démocratie, le calme, la sécurité», a exhorté le sous secrétaire américain.

Le 30 janvier dernier, en marge du sommet de l'Union africaine à Adis Abeba,  les Etats-Unis avaient à  nouveau regretté  la validation de sa candidature, rapporte Leral.net. C'était par la voix de Williams Burns, secrétaire d’Etat adjoint de l’administration Obama. Tout en émettant des réserves sur le droit du président Wade de briguer un 3e mandat, il lui a adressé un message : «L’attitude digne d’un chef d’Etat est de laisser la place à la nouvelle génération». La France, également, ne voit pas d'un bon oeil cette candidature de Wade.

Dans un communiqué de presse, l’ambassade de France a indiqué que , «face aux multiples arrestations, la France rappelle son attachement au respect des procédures judiciaires et de droits de la défense. Nous condamnons, par principe, toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques». Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, est également monté au créneau pour réclamer une alternance générationnelle, lit-on sur Dakaractu.

Ces déclarations, très commentées par la presse locale, ont fait sortir de leurs gongs les membres du gouvernement. Très remonté, le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye n’y est pas allé avec le dos de la cuillère.  «Arrêtez de nous parler des Etats-Unis. Nous ne sommes pas sous la gouvernance des Etats-Unis. C’est un pays indépendant, le Sénégal aussi est un pays indépendant. Nous, notre référence, ce n’est pas Barack Obama ou un autre. Nous sommes des Sénégalais et nos références, sont Abdoulaye Wade et les Sénégalais», a-t-il tonné sur les ondes de la Radio Futurs Médias (RFM).

Le ministre sénégalais de l’Intérieur, Ousmane Ngom, a également réagi, en accusant Washington et la France d’ingérence. Il les  a mis en garde contre toute tentative d'ingérence dans les affaires du Sénégal. Le ministre des Affaires Etrangères, Madické Niang, a même convoqué une conférence de presse ce 1er février, et a regretté d'avoir appris ces prises de position par la presse et non par voix diplomatiques, apprend-on sur l’Aps.

Egalement très en verve, il a indiqué que le Sénégal n’avait pas de leçon à recevoir d’un quelconque pays. «Si ces positions émanent réellement de ces pays, je voudrais leur dire que le Sénégal n’a pas de leçon de démocratie à recevoir de personne. Les critiques qui lui sont adressées sont sans fondement, que ces pays apprennent à nous respecter», a-t-il fulminé.

Lu sur Aps, Rewmi, Leral

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