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«Félins» de Disney, des grands fauves un peu trop gentils

Après Le Roi Lion, pas de surprise. Pour les studios Disney, le grand fauve de la savane est fondamentalement gentil. Dans le film documentaire Félins, sorti en salle le 1er février en France, Disney réitère dans la même veine et donne une nouvelle fois le mauvais rôle aux hyènes et aux crocodiles. Cette production DisneyNature, une filiale des studios Walt Disney basée à Paris et tournée sur «les merveilles de la nature», trace le parcours d’un clan de lion et d’une famille de guépard vivant au cœur de la réserve Masaï Mara, au Kenya.

Les réalisateurs ont privé leur documentaire de scènes dites trop agressives. L’issue de la chasse et des combats entre carnassiers est simplement suggérée. Alastair Fothergill, co-réalisateur, le confie timidement à 20minutes

«DisneyNature et son fondateur Jean-François Camilleri nous ont donné un contrôle total, mais il est certain que nous avons dû mettre la pédale douce sur les images violentes.»

Selon certaines ccritiques, la production reste une fois de plus anthropomorphique et pollue le travail acharné des deux réalisateurs qui se sont démenés pendant deux ans avec l’aide de chercheurs.

Couleurs vives, photographie remarquable, lions et guépards touchent le spectateur et rendent les critiques quasi unanimes. Disney excelle une fois de plus dans l’émerveillement. Le documentaire présente la réserve Masaï Mara comme une terre coupée de l’humanité. Un décor paradisiaque qui cache une triste réalité. Dans un rapport de l’International Livestock Research Institute publié en 2009, 70% de la faune sauvage de la réserve s’est éteinte au cours des trente dernières années. La raison principale: «l’augmentation régulière d’implantations humaines sur les terres jouxtant le parc», explique le responsable de l’étude Joseph Ogutu.

Le film ne mentionne pas non plus les pertes liées à la chasse sportive qui motive un certain nombre d’Américains. Entre 1999 et 2008, 64% des carcasses de lions chassés à cette occasion sont envoyés aux États-Unis, selon un rapport rédigé par de nombreuses ONG et repris par The Guardian.

Disney Nature tente de «sensibiliser le public aux problématiques de protection et de sauvegarde» mais n’utilise que la beauté de l’image pour y parvenir. Pour l’instant, Félins semble mieux parti que les deux productions précédentes de DisneyNature, Les Ailes Pourpres et Pollen, qui n’ont pas su trouver leur public.

Lu sur 20minutesThe Guardian

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