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Quand Abdoulaye Wade se prend pour Ben Ali

Le pouvoir d’Abdoulaye Wade serait-il pris par le syndrome Ben Ali? Comme en Tunisie aux premières heures de la révolution à Sidi Bouzid, où on assistait à une véritable cyber-guerre, il semblerait que le gouvernement en place tente de museler la presse privée sénégalaise.

Au lendemain de la validation du candidat Wade et des affrontements violents entre forces de l'ordre et population, l’Association des Professionnel de la Presse en Ligne (APPEL) a dénoncé dans un communiqué les désagréments qu’elle subit dans l’exercice de leur travail.

«L’Appel a constaté avec stupéfaction la disparition comme par enchantement de la Toile d’une dizaine de sites d’informations. Presque 80% des journaux en ligne qui font de la production au Sénégal sont concernés», rapporte le site PressAfrik.com.

Ibrahima Lissa Faye, président de l’Appel a indiqué que plusieurs médias en ligne n’étaient plus disponibles depuis le 29 janvier, date de l’annonce définitive de la liste des candidats par le Conseil Constitutionnel. Leral.net, Dakaractu.com, PressAfrik.com, Ouestaf.com, Senxibar.com, Piccmi.com, Ndarinfo.com, Le Dépêche diplomatique, Popxibaar.com sont les principaux concernés par ces restrictions.

Le communiqué explique que «l’inaccessibilité de ces sites d’information a été provoquée par des pannes sporadiques qui ont rendu le travail de ces organes très difficiles voire impossible».
Le communiqué rajoute en outre que depuis le «27 coïncidant avec la publication de la liste officielle des candidatures à la présidentielle du 26 février 2012, ces sites connaissent des difficultés dans la mise à jour des informations. Toutes les productions sont bloquées de la partie administrative du site en rendant invisibles ni disponibles les nouveautés (photos, articles, vidéos) de l’interface».

L’Association de la presse en ligne a fait part de son inquiétude et soupçonne des manœuvres ou attaques des serveurs des hébergeurs de ces sites, pour empêcher la presse en ligne, qui est très suivie à l’international, de relayer convenablement les informations relatives au contexte très tendu du pays.

Le Populaire ajoute, dans ses Confidences du 30 janvier, que le pouvoir de Wade est très remonté de la manière dont certains organes ont traité l’information relative à la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle. A en croire le journal, des proches de Wade ont établi une liste de journaux à museler et assure qu’il ne s’agit pas d’une simple vue de l’esprit encore moins d’une paranoïa, mais de faits avérés qui ont été soigneusement vérifiés et recoupés.

Le Populaire est catégorique et soutient que les affidés du «3W», nouveau surnom qui est donné à Wade —qui signifie Wade Waxeet Waxeet (C'est moi qui avais dit, et bien je me dédis maintenant)— se sont réunis le 29 janvier pour mettre sur pied leur procédé. Les quotidiens Le Populaire, l’As, l’Enquête, le Quotidien, Walf Quotidien  et Sud Quotidien, de même que les radios  RFM (appartenant à Youssou Ndour), ZIkFm et aussi Walf Tv, sont blacklistés.

Lu sur Le Populaire, PressAfrik.com

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