SlateAfrique

mis à jour le

CAN 2012 - Les footballeurs guinéens font taire les clivages ethniques

C’est l’euphorie dans toute la Guinée. Déhanchements, pas endiablés: «Gbin gbin soo»(trémousse-toi)! Le slogan bat son plein dans les rues de Conakry et dans toutes les villes de la Guinée. Titre d’un morceau de musique signé du groupe de rap «Degg J Force 3» et dédié au Syli National, l’équipe de football engagée dans la phase finale CAN 2012 au Gabon et en Guinée Equatoriale.

Après leur éclatante victoire face au Botswana (6-1), le 28 janvier, au compte de leur deuxième match de la compétition, les joueurs du Syli sont adulés. Le gouvernement guinéen et surtout les sociétés de la place multiplient les annonces de soutien à l’équipe de football. Une entreprise de téléphonie mobile a offert 390 millions de francs guinéens (41.117 euros) aux joueurs à l’issue de cette dernière victoire fleuve.

«C’est tout un peuple qui pousse derrière le Syli», rapporte Afrik.com. 

Les performances de l’équipe guinéenne à la CAN ont un effet fédérateur au sein de la population. Fortement ébranlé par l’élection présidentielle de 2010, le tissu social ne cessait de s’effriter. L’équipe de football composée des joueurs de différentes ethnies du pays réconcilie, redonne le sourire et met du baume au cœur. De Conakry à Kankan (Est), de N’zérékoré (Sud) à Labé (au Nord) même liesse, même ferveur, même soutien. Une scène insolite s’est même déroulée «sur le boulevard Diallo Telli, dans la commune de Kaloum, [quand] les occupants d’un véhicule de police en patrouille, qui d’habitude sont prompts à bizuter les manifestants, ont jubilé avec des fans du Syli», rapporte Guineeinter.

Une entente qui se propage sur Internet à travers les réseaux sociaux. Lors du premier match contre le Mali (perdu 0-1), Guinéens et Maliens s’envoyaient des vannes par Twitter et Facebook interposés.

L’équipe du Syli, composée de jeunes joueurs, redonne surtout espoir à leur pays pour remporter le trophée pour la première fois. «Cette année, la coupe (CAN) appartient à la Guinée», lance un supporter du Syli dans la vidéo cidessous. «Contre le Ghana, je parie que la Guinée gagnera sur le score de sept buts», prophétise un autre galvanisé par la raclée infligée au Botswana.

«Mercredi 1er février, lors de la 3e et dernière journée de la phase de poule, seule une victoire contre le Ghana, l’un des favoris de la compétition permettra aux Guinéens de maintenir une telle ambiance danser les rues du pays», précise Afrik.com.

En attendant, les Guinéens, à l’unisson, célèbrent leurs héros. Au passage, certains essuient les larmes. Déjà quatre morts dans des accidents de circulations lieés aux manifestations de réjouissance.

Lu sur Afrik.com, Guineeinter

A lire aussi

La Guinée garde la foi pour la CAN 2012

Guinée - Les coupures d'électricité provoquent des émeutes des fans de foot

En Guinée, on craint de ne pas pouvoir suivre la CAN