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Le trader ghanéen qui ne veut pas payer pour 1,5 milliard d'euros de perte

Kweku Adoboli, un courtier britannique d’origine ghanéenne, comparaît le 30 janvier à Londres. Ce jeune homme de 31 ans est inculpé d’abus de position et de fraudes comptables pour avoir effectué des transactions frauduleuses au sein de la banque UBS.

Emprisonné depuis le mois de septembre, ce fils d’un employé ghanéen des Nations Unies, aurait fait perdre 1,5 milliard d’euros à l’établissement bancaire suisse.

Ces agissements auraient duré de 2008 jusqu’à son arrestation en 2011, lorsqu’il travaillait sur des produits financiers complexes. Selon The Guardian, le courtier est soupçonné d’avoir abusé de sa position à des fins d’enrichissement personnel.

Mais la banque suisse est aussi pointée du doigt. L’Hebdo affirme que «si le trader de 31 ans a pu berner ainsi son employeur, c’est que le contrôle des risques à UBS présentait des déficiences».

D’après le magazine suisse, la course aux profits lancée par le directeur général d’UBS à l’époque, Oswald Grübel, explique aussi ce dysfonctionnement. A la suite de cette affaire, le responsable de la banque a d’ailleurs démissionné.

«L’affaire Adoboli ne serait que la pointe de l’iceberg», conclut finalement l'Hebdo.

Le Wall Street Journal estime aussi que ce procès pourrait être très dommageable pour UBS. Toute la question réside dans le système de défense du jeune trader.

«S’il plaide non coupable, les débats vont se prolonger et pourraient être embarrassants pour la banque suisse, alors que s’il plaide coupable cela mettrait un terme rapidement à la publicité autour de cette affaire», estime le quotidien américain.

Le courtier, qui est toujours apparu devant la justice dans des costumes sur mesure, n'a pour l'instant pas annoncé ce qu'il allait plaider. Kweku Adoboli avait intégré UBS en 2002 comme stagiaire. Il risque aujourd'hui de sept à dix ans de prison s’il est reconnu coupable de fraude.

Son histoire fait écho à celle de Jérôme Kerviel. Ce trader français avait été condamné en 2010 à cinq ans de prison dont trois ans ferme pour faux, usage de faux, abus de confiance et introduction frauduleuse de données informatiques. Il avait fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société Générale.

Lu sur The Wall Street Journal, The Guardian, L’Hebdo

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