SlateAfrique

mis à jour le

Les vautours, des rapaces qui risquent de se faire plumer

2011, année du vautour au Burkina Faso? Pas moins de trois procès ont eu lieu en 2011 à Ouagadougou, la capitale burkinabée, concernant le trafic de ces rapaces. La chasse au vautour est interdite par les conventions internationales mais l'espèce fait encore l'objet de braconnage au Burkina Faso.

Le dernier cas de trafiquants pris en flagrant délit remonte au 13 décembre à l'est du Burkina Faso.

Deux Burkinabés âgés de 33 et 22 ans, et une Nigériane âgée de 62 ans, ont ainsi été condamnés le 19 janvier 2012 à plus de 5.000 euros d'amende et des peines s'étalant trois à dix-huit mois de prison avec sursis comme dommages et intérêts à l'Etat.

Le mode de fonctionnement des contrebandiers était simple: pour attirer les rapaces, ils utilisaient de la viande saupoudrée de tabac, ce qui causait ensuite leur mort.

Dans la nuit du 11 décembre, la direction des Eaux et forêts du Burkina Faso a été alertée de la présence suspecte de vautours dans un domicile. Le directeur du service, le colonel Adama Drabo, a déclaré que pas moins de 74 vautours avaient été retrouvés au domicile de la Nigériane, attendant d'être exportés vers le Nigeria, rapporte Le Faso.net. Il a émis deux hypothèses quant à l’utilité de ces vautours:

«Soit ils sont destinés à la consommation dans les zones qui ne les connaissent pas, soit ils sont destinés à la pharmacopée traditionnelle.»

Autre explication à ce trafic: pour RFI, le vautour est exporté au Bénin et au Nigeria pour être utilisé dans la confection d'amulettes, notamment par les adeptes du vaudou.

L'écrivain béninois Olympe Bhêly-Quenum a indiqué à RFI:

«Le vautour est un oiseau dont les gens peuvent se servir pour faire le beau, ce que vous appelleriez en français le grigri, pour [combattre] une sorte de malédiction. Les plumes de vautour, c'est pour symboliser quelque chose et là on fait des prières pour conjurer le sort.»

Le colonel Drabo a rappelé que les vautours faisaient parti des espèces intégralement protégées. Il a expliqué qu'il s'agissait d'une espèce très importante car elle brise la chaîne de contamination de certaines maladies contagieuses.

«Cette condamnation doit servir d'exemple pour tous ceux qui s'attaquent aux espèces protégées dans notre pays. Le jugement montre que la justice est désormais prête à punir sévèrement tous ceux qui porteront atteinte à l'environnement», a estimé pour sa part le directeur des affaires juridiques au ministère de l'Environnement, Antoine Kaboré.

Le parti écologiste du Burkina a en revanche estimé que les sanctions n'étaient pas suffisantes pour stopper le trafic, a indiqué RFI.

«C'est dommage que des gens qui sont notoirement des récidivistes écopent de peines avec sursis», a déploré Sylvestre Pooda, membre du Parti des écologistes du Burkina, rapporte le Fasopresse.

Lu et entendu sur Le Faso.net, RFI, Fasopresse

A lire aussi

Bénin, le berceau du vaudou

Comment le rhinocéros d'Afrique du Sud atterrit en Chine

En Afrique du Sud, des prostituées thaïlandaises chassent le rhinocéros

Des mamies dealeuses en Ouganda

Algérie - Les trafiquants d'âne sont de retour