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Egypte - Où sont les députés non-islamistes?

Depuis la publication des résultats des élections législatives égyptiennes, l’attention s’est focalisée sur la victoire des Frères musulmans et celle des salafistes que personne n’attendait. Les islamistes ont en effet conquis près des trois quarts des sièges de l’Assemblée du peuple (majliss al Chaab), la chambre basse du Parlement égyptien.

«Les partis islamistes ont remporté 70% des sièges. 216 vont au parti des Frères musulmans, le parti de la Justice et de la Liberté, et 125 vont à l’Alliance islamique dominée par les salafistes du parti al Nour (la lumière)», rapporte le site de décryptage Egyptelections.

Néanmoins, d’autres partis ont gagné leurs places dans l'Assemblée et auront un rôle à jouer dans le jeu politique des mois à venir. Le parti libéral Al-Wafd (la délégation) décroche la première place des partis laïques avec 41 sièges, suivi du parti social-démocrate égyptien avec 16 sièges. L'alliance «la révolution continue», dans laquelle figure de nombreux jeunes partis créés après la révolution, n’a remporté que 10 sièges. Le Wasat, issu sous la période Moubarak d’une scission avec les Frères musulmans, et qui se considère comme très modéré, 9 sièges.

Enfin, le parti socialiste Al-Karama de Hamdeen Sabahi, et le nouveau Parti al-Hadara, membres de l'Alliance démocratique dirigée par le parti de la Justice et de la Liberté, ont remporté respectivement six et deux sièges.

Les résultats finaux montrent également que les felool, les résidus du Parti national démocrate d'Hosni Moubarak, ont remporté environ 15 sièges au nouveau Parlement. Quelques semaines avant les élections, les observateurs tablaient sur un meilleur résultat des ex du PND. Ils demeurent toutefois une force qui risque d’influer au sein de l'Assemblée du peuple.

Les libéraux ont obtenu leur meilleur résultat à Madinat al Nasr et Héliopolis, autrement dit dans la banlieue du Caire.

Sans surprise, les non-islamistes ont obtenu des résultats médiocres à Alexandrie, bastion historique des salafistes égyptiens depuis les années 1970. Dans le gouvernorat du Fayoum et de Marsa Matrouh, les partis non-islamistes n’ont raflé aucun siège.

Les partis non-islamistes semblent être divisés en quatre groupes: les libéraux d'Al-Wafd auquel s’ajoutent les partis laïques qui composent le bloc, les partis laïques minoritaires, les felool, et les indépendants.

Les islamistes sont certes arrivés en tête mais les autres forces politiques pourront jouer dans l’avenir un rôle déterminant dans les alliances temporaires, liées à l’agenda législatif du nouveau parlement.

Lu sur Egyptelections

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