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RDC: 85% des séropositifs privés de traitement contre le sida


Un patient séropositif attend de recevoir des soins dans un centre de MSF à Kinshasa, en novembre 2005. AFP/Archives Lionel Healing

L'ONG Médecins sans Frontières-Belgique (MSF-B) s'est alarmée mercredi que 85% des séropositifs en République démocratique du Congo (RDC) n'aient pas accès à un traitement antirétroviral (ARV) et a dénoncé le "désinvestissement" des bailleurs.

"Les conditions d'accès aux soins des personnes vivant avec le VIH/sida en RDC sont catastrophiques", écrit MSF-B dans un communiqué pour le lancement de sa campagne "VIH/sida en RDC: l'urgence ignorée".

Sur près de 68 millions de Congolais, "plus d'un million de personnes sont séropositives et on estime le nombre de patients qui devraient bénéficier en 2011 d'ARV, indispensable pour prolonger la vie des porteurs du virus VIH/sida, à 350.000", indique MSF-B.

"Or, actuellement seulement 44.000 patients sont effectivement sous traitement, ce qui représente un taux de couverture en ARV de 14%", contre 49% pour l'Afrique sub-saharienne, d'après l'ONG.

"Seul 1% des femmes enceintes atteintes par le VIH" bénéficient d'une médication destinée à prévenir la transmission du virus de la mère à l'enfant, ajoute-elle.

Pour les personnes sous traitement, "la gratuité des soins VIH n'est pas respectée", a déclaré à la presse à Kinshasa le Dr Anja de Weggheleire, coordinatrice médicale chez MSF-B. Les consultations, hospitalisations et examens de laboratoire sont à la charge des patients, selon MSF, alors que les deux tiers de la population vivent avec 1,25 dollar par jour.

La situation risque de s'aggraver avec le "désinvestissement" des principaux bailleurs internationaux, avec en tête celui du Fonds Mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui finance à "75%" la lutte en RDC, d'après l'ONG.

MSF-B avait dénoncé en novembre dernier la "suppression du financement du Fonds Mondial pour 2011", une première en dix ans. Les pays donateurs s'étaient justifiés en évoquant la crise financière.

Sans refinancement d'"urgence" dès début 2012, "nous n'aurons pas d'argent via le Fonds Mondial avant 2014", a averti Thierry Dethier, conseiller en analyse et plaidoyer à MSF-B.

L'ONG appelle aussi le gouvernement congolais à accroître et décaisser entièrement les 7% de son budget santé alloués à la lutte contre le sida.