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Ouganda - L'institutrice malade du sida regagne le droit d'enseigner

L’année dernière, en mars 2011, le quotidien ougandais New Vision rapportait l‘histoire de Proscovia Ayo, directrice d’une école, chassée de son poste parce qu’elle était atteinte du sida. Aujourdhui, sa situation s’est nettement améliorée, puisqu'elle a été réhabilitée.

Mais il aura fallu attendre huit ans pour qu'Ayo obtienne justice, le 4 novembre 2011. Huit années durant lesquelles, l’institutrice a effectué de nombreuses démarches, notamment auprès du ministère de l’Education en Ouganda.

Aucun organisme ne lui est venu en aide. Et la situation s’est déteriorée quand l’enseignante a été privée de salaires. Ce nouveau coup au moral lui valut d'être alitée pendant huit mois. Ses enfants ont dû arrêter l’école, Ayo étant incapable de payer leurs frais de scolarité.

Selon, Aggrey Kibenge, porte-parole, le ministère de l’Education a chargé les fonctionnaires du district de Tororo (dans l'est du pays) de résoudre le problème d’Ayo. Mais pour une raison inconnue, rien n’avait été fait. L’année dernière le New Vision a donc mis en lumière l’histoire de cette femme.

A la suite de la parution de l’article, le journal a été inondé de courrier de lecteurs. Certains exigeaient le renvoi des responsables du district, d’autres fustigeaient l’attitude des villageois qui ont fait chasser l’institutrice.

Beaucoup de gens n’ont pas hésité à envoyer des lettres incendiaires au ministère de l’Education. Sur une station de radio locale qui s'est penchée sur l'affaire, certains auditeurs ont proposé de recourir à la violence contre les fonctionnaires du district.

Face à la pression populaire, le ministère de l’Education et le district ont finalement traité le dossier en priorité. Et le 7 novembre, Proscovia Ayo a été rétablie à un poste de directrice à l’école primaire de Pajangango (dans l'est de l'Ouganda). Interrogée par New Vision, l'institutrice n'a pas dissimulé sa joie.

«C’est si bon de se retrouver en classe en faisant ce que l’on aime. Mais, par-dessus tout, j’aime servir mon pays», dit-elle.

«D’une certaine façon, cela me conforte dans l’idée que je suis toujours utile à la nation, malgré la maladie. Mon esprit n'est plus obnubilé par le sida. J’ai l’impression que je suis déjà guérie car mes soucis se sont envolées. Après tout, mes enfants vont reprendre l’école, et je vais recevoir l’intégralité de mes salaires impayés du temps où j’étais écartée du fichier des salaires».

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