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Egypte - Tous les chemins mènent à la place Tahrir

Il y a un an, l’Egypte se soulevait contre le régime et tous ses avatars, la corruption, la vie chère, les inégalités criantes...

Des collectifs, comme celui du 6 avril, avaient appelé à descendre dans la rue pour dire «ça suffit». En dépit de l’armada de forces de l’ordre déployées à cette occasion, des milliers d’Egyptiens étaient descendus dans la rue, sans savoir si cet élan de ras-le bol allait aboutir. Le 25 janvier 2011, rien n’était joué d’avance. Les Egyptiens ne savaient pas s’il y aurait un 26 janvier ou même un 11 février, date à laquelle la démission d’Hosni Moubarak a été annoncée par le chef des renseignements de l’époque Omar Suleiman.

Un an plus tard, des milliers d'Egyptiens s’apprêtent à descendre à nouveau dans la rue. Certains l’ont fait pendant un an pour réclamer la fin des tribunaux militaires, la fin de la torture et de la violence à l’égard des manifestants, la fin du régime. «La révolution continue», disent-ils. Les vidéos appelant à une seconde révolution se sont multipliées sur la Toile ces dernières semaines.

La révolution du 25 janvier

La date du 25 janvier est depuis l’an dernier associée à la colère et non plus à la fête de la police. Ce jour est devenu le symbole de la révolution, 24 heures qui ont suffit à faire basculer l'Egypte. Certains parlent de «révolution du Nil», d’autres préfèrent «la révolution du 25 janvier». Un an plus tard, tout est chronométré et les Egyptiens sont plus divisés sur les revendications.
Les activistes ont établi plusieurs points de départ. Les cortèges convergent toutefois sur la Place Tahrir, rapporte le quotidien égyptien Al-AhramOnline. Une carte fournie par les 55 mouvements révolutionnaires investis dans les manifestations prévues montre au moins 12 points de rencontre dans la seule capitale. Selon la carte, les manifestants vont se rassembler à 13h30 à la mosquée Mostafa Mahmoud dans le quartier de Mohandeseen. A 14h00, les manifestants sont attendus à la Mosquée Al-Fath de la place Ramsès. D’autres manifestations sont organisées plus tôt dans la matinée, vers 10 heures et 11 heures, notamment dans le vieux Caire ou le quartier cossu de Maadi.

Les médecins sont également en rang de bataille. Ils comptent partir de la faculté de médecine de l’Université d’Ain Chams. Un étudiant en médecine, Alaa Abd El-Hady, avait été tué en décembre dernier sur la place Tahrir lors des affrontements entre manifestants et les forces de l’ordre.

Des millions d'Egyptiens choisiront toutefois de rester chez eux ce 25 janvier 2011. Certains effrayés par la possibilité d'un nouveau départ de manifestations, ou en colère contre les manifestants qui ne savent pas attendre, d'autres nostalgiques de l'ex-raïs Hosni Moubarak ou préoccupés par les impératifs économiques...

Une place, des revendications

Bien que les mouvements convergent tous vers la place Tahrir, les revendications divergent. C’est ce que regrette Ahmed Bahgat, un militant égyptien. Nombre de ses compatriotes ne voient pas que le régime n’a pas changé et la rentrée parlementaire le 23 janvier 2011 les a confortées dans cette idée, ajoute Ahmed Bahgat. 
D’autres militants réclament la formation d'un gouvernement de «salut national». D'autres ont appelé à une élection présidentielle anticipée pour mettre fin au pouvoir exécutif du Conseil suprême des forces armées. La mainmise de l’armée sur la transition politique s’est avérée très violente et dans la continuité du régime d’Hosni Moubarak. De nombreuses organisations internationales ont également dénoncé la répression des militaires, notamment contre les femmes. La ligne rouge a été dépassée.
Méfiant, le Conseil suprême des forces armées a prévenu les Egyptiens de la possibilité d’un complot extérieur à l’occasion de cette journée. Les manifestants sont donc priés de rentrer chez eux en fin de journée. Et si des milliers d’Egyptiens décidaient de rester ce soir sur la place Tahrir…

Lu sur Al AhramOnline

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