Que reste-t-il des Turcs et des Français en Algérie?
Ayant subi le joug impérial turc puis français, les Algériens sont bien placés pour trancher la dispute entre la France et la Turquie autour des questions d'histoire et de colonisation.
Des ouvriers algériens construisent la ligne Morice, le 16 décembre 1957, pendant la guerre d'AlgérieAFP/INTERCONTINENTALE
La France est restée 132 ans en Algérie, la Turquie trois siècles. Ces deux ex-empires et deux derniers colonisateurs de l'Algérie s'affrontent aujourd'hui autour du sang arménien et algérien, oubliant toutes deux leur passé colonial. Mais que reste-il comme traces de la Turquie et de la France en Algérie? Comparatif non exhaustif.
D'abord un texte législatif, français, pour reconnaître le génocide arménien commis par les Turcs. En réaction une statue érigée en Turquie, pour commémorer le génocide algérien commis par les Français, et reconnu par Erdogan. D'un côté une loi écrite, de l'autre une pierre gravée. Ensuite le Premier ministre algérien explique qu'il ne faut pas faire commerce avec les sang des martyrs algériens, renvoyant dos-à -dos les deux derniers colonisateurs de l'Algérie. Alors le ministre algérien des Anciens combattants s'en mêle à son tour et félicite la Turquie, tout en continuant à exiger la repentance de la France. Entre la Turquie et la France, peut-on mettre l'Algérie au milieu pour délimiter les polémiques?
Les navires de l'Apocalypse
De Marseille à Alger, il n'y a que 800 kilomètres, d'Istanbul à la capitale algérienne, près de 3.000. On doit donc déjà saluer l'empire ottoman turc d'avoir été plus loin dans ses projets, lui qui a fait d'Alger la capitale algérienne. Mais cela reste quand même une invasion, qui comme avant pour les Phéniciens, les Romains ou les Byzantins, après pour les Français, s'est faite par la mer, même si à l'origine, les Turcs sont venus en Algérie pour défendre les ports contre les assauts espagnols du XVIème siècle. Mais les colons étant tous deux partis, finalement la seule colonisation qui a réussi en Algérie s'est faite par la terre, les Arabes étant venus de l'est à cheval. Bref, si les Turcs sont restés trois siècles et les Français 132 ans, l'Algérie se sent beaucoup plus proche de la Turquie que de la France.
On peut le comprendre, ceux-ci partagent la même religion, une culture plus ou moins équivalente, les mêmes gâteaux et la chorba (soupe populaire) du ramadan. Mais surtout, les colonisations française et turque ne sont pas les mêmes. La première a pillé, déporté, torturé, brûlé, rasé, bombardé au Napalm et exproprié, jusqu'à déporter des familles entières de résistants jusqu'en Nouvelle-Calédonie. La seconde s'est contentée de lever des impôts, bien qu'elle ait aussi maté dans le sang toutes les rebellions, brûlant récoltes et villages, selon l'extrême-droite française. Mais faut-il aimer les Turcs? Il faut se rappeler que lorsque la France est arrivée en 1830 avec 10.000 navires pour s'emparer d'Alger, la régence turque lui a donné la ville sans tirer un seul coup de feu, avec la garantie de conserver sa liberté et ses biens personnels, laissant 40.000 soldats français entrer dans la ville pour la saccager par vengeance. Cet acte anti-héroïque pour des Algériens si guerriers aurait du mettre la Turquie au banc des accusés, au même titre que Boabdil qui a livré Grenade à Isabelle de Castille en 1492, sans se battre. La honte.
Les têtes de turcs et les kouffars
Les Turcs ou leurs descendants en Algérie sont bien considérés, ont même une association (Association des Turcs algériens), sont souvent des lettrés se fondant naturellement dans la société. Ils sont très au fait des us et coutumes, des langues et de la culture locale. Contrairement aux Français, lettrés aussi généralement mais qui en 132 ans n'ont appris que le mot kahwa (café), chouiya (un peu) et gourbi (maison traditionnelle). S'il y a très peu de descendants de Français d'Algérie du 19ème ou 20ème siècle, les quelques représentants de l'Hexagone, à quelques exceptions près, sont dans des quartiers chics, voire dans les hôtels. Les Kouloughlis (kulughlis en Turc) sont des descendants de Turcs ayant épousé des autochtones pendant la colonisation (la régence) au XVIème et XVIIème siècle. Les Français qui ont épousé des autochtones sont rares (on les appelle orientalistes ou traitres en Français) et leur descendance n'est pas identifiée. Si les Turcs et descendants n'ont pas de qualificatif particulier aujourd'hui à part Turcs, ce n'est pas le cas des Français. On les appelle Nsara (singulier Nasrani, Nazaréen, de Nazareth, c'est-à -dire Chrétien) ou Gwer (singulier gawri, appellation d'ailleurs d'origine turque) ou encore Kouffars (mécréants) quand on veut être méchants. Boucle amusante, on appelle encore dans toute l'Algérie les Français par le qualificatif roumis, dont le mot vient de Roum, la Constantinople de l'empire chrétien d'Orient, aujourd'hui Istanbul, la turque.
Politiquement, l'avantage est encore aux Turcs. L'existence d'un Hizb Tork (le parti de la Turquie) en référence au MSP de Abou Guerra Soltani (islamistes modérés, proches de la doctrine Erdogan) est d'ailleurs perçu comme une allégeance naturelle, à l'inverse du Hizb França (le parti de la France), vu comme diabolique et négationniste, amalgame de traitres complexés à la mentalité de colonisé qui recherchent encore la reconnaissance de la métropole (terme qui renvoie à la colonisation). En gros et en 2012, 50 ans après le départ des Français et 182 ans après celui des Turcs, il vaut mieux être Turc en Algérie que Français. Encore que, un Français est théoriquement plus riche et raffiné, il est à ce titre plus courtisé, par les femmes faciles et les hommes véreux.
Baba Merzoug et la Clé d'Alger
Pour ne citer que quelques exemples, l'astrolabe de la grande mosquée d'Alger (le petit ordinateur de l'époque), les têtes coupées de statues à Cherchell ou les registres des musées d'Algérie, ce sont autant de reliques prises par les Français aux Algériens ( et donc aux Turcs) et qui n'ont toujours pas été restitués. Car au delà du lourd contentieux autour de la guerre et la colonisation entre l'Algérie et la France, bataille de la mémoire virtuelle, il y a aussi le conflit de la mémoire physique. En dehors de la problématique de l'ouverture des archives françaises et algériennes, depuis quelques années, une campagne a cours pour la restitution du mythique plus gros des canons qui défendait Alger, nommé Baba Merzoug (le «père bienfaiteur»), appelé «Le Consulaire» par les Français.
Pris après la bataille d'Alger de 1830 qui a signé la défaite algérienne et le début de l'entreprise coloniale française, Baba Merzoug est toujours détenu en France, au musée de la marine de Brest dans le Finistère. Véritable pièce d'artillerie sans équivalent à l'époque, bronze de sept mètres de long, d'un poids de 12 tonnes avec une portée de cinq kilomètres, il a été fabriqué par des artisans algériens dans la Casbah d'Alger, sous l'autorité turque. Un canon turc ou algérien? Justement, si l'actuel ministre de l'Intérieur français Claude Guéant, lors de son passage à Alger en novembre 2011, a promis la restitution de Baba Merzoug, l'ex-président français Jacques Chirac avant lui, avait restitué la Clé d'Alger, sceau officiel du Dey d'Alger, au président Bouteflika lors d'une visite d'état en Algérie. Mais cette clé, véritable bijou à forte teneur symbolique, prise aussi en 1830 à Alger par les Français, est le sceau du Dey, qui était un Turc. Fallait-il la remettre aux Turcs? Tout comme les archives antécoloniales de fonds turcs, arabes et espagnols, pris par les Français dans les musées et bureaux, non encore restitués par la France. Faut-il les rendre aux Turcs, aux Arabes, aux Espagnols ou aux Algériens?
Ce qu'il reste des Turcs en Algérie
De nombreux éléments culturels, culinaires ou architecturaux, de la musique, comme la Zernadjia, musique populaire de la Casbah encore utilisée dans les mariages et qui est à l'origine une musique militaire turque. La Casbah, bien que remodelée par les Turcs, est à l'origine berbère, elle n'a pas d'équivalent, même à Istambul, ou dans les ex-colonies turques. Dans les traces turques, on peut citer pêle-mêle la chechia stamboul, couvre-chef rouge de Turquie, la pizza, qui serait d'origine turque (rouge aussi) et non pas italienne, le tabac (le fameux turkish blend), la bureaucratie (d'abord turque, puis française), les gâteaux (à base d'amandes et de miel). Des mots et du vocabulaire, des noms patronymiques comme Othmani ou Osmane (de l'empire Ottoman), Stambouli (d'Istambul), Torki (Turc) ou des noms de métiers ou de fonctions, qui sont devenus des noms de famille avec le temps.
Ce qu'il reste des Français
Des immeubles, des boulevards et des lieux, le béret français, encore en vigueur dans certaines régions, l'accordéon, des fromages et du vin, bien que la consommation de cet élixir daterait de plusieurs siècles. Beaucoup de vocabulaire et des mots, très nombreux dans le langage algérien, mais pas de noms de famille. Pêle-mêle encore, on peut citer au chapitre colonisation positive baguettes à la française et croissants. Pour ce dernier point, il est amusant de rappeler que le croissant a été inventé lors du siège de Vienne par les Turcs ottomans, façon de «manger» du Turc, le croissant étant le symbole de l'Islam. Les Algériens ne le savent peut-être pas mais continuent à aimer la viennoiserie, oubliant que le croissant représente des Turcs, qu'ils mangent allègrement. Voilà pour les traces non exhaustives des deux derniers colonisateurs, Turcs et Français. Par contre, il n'y a pas d'Arméniens en Algérie. Ou alors on ne les a pas vus.
Chawki Amari
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Cet article confirme un sentiment que beaucoup de français partagent.
Beaucoup d'algériens détestent la France et pourtant ils sont tellement nombreux a vivre ou vouloir vivre en France...
Non, la grande majorité des algériens aiment bien la France. Heureusement.
La terre est trop grande et la vie est trop courte pour continuer à se battre; vivons, vivons, vivons !!
Article très intéressant où perso, j'ai appris pas mal de trucs surtout sur les Turcs.
Mais à mon avis il manque un aspect significatif concernant le mode de gouvernance de l'empire Ottoman qui pour commander un territoire, se basait soit sur des personnages locaux qui faisaient allégeance à la "Sublime Porte", soit sur une autonomie régionale plus ou moins large...
Il en résulte : brassage, mélange même à des fins politiques et d'alliance.
L'empire colonial français, lui, voulait tout contrôler en Algérie, toutes les responsabilités ne revenant qu'aux Européens.
Il y a un critère qui est passé aussi aux oubliettes c'est le temps.
Les Turcs n'étaient pas connus comme des occupants gentils, ni en Algérie ni ailleurs.
Les Turcs et les Algériens ont beau partager la même religion, les premiers ont allégrement massacré les derniers lorsque leur suprématie a été mise en danger.
D'ailleurs je me demande si les Français ne se sont pas emparés de l'Algérie pour mettre fin à la menace Turcs en Méditerrannée.
La guerre d'Algérie a été une ineptie totale mais une colonisation qui s'est terminée il y a 50 ans est bien plus vivace dans les esprits que celle qui s'est terminée il y a 132 ans (surtout qu'à l'époque les informations ne circulaient pas aussi bien qu'en 1960).
Une chose est sure la corruption ne s'est jamais aussi bien portée en Algérie que depuis la fin des colonisations.
Je sais que la force de l'adversaire valorise même le perdant. Mais 10000 navires pour envahir Alger cela fait beaucoup ! Beaucoup trop !
Nombre totalement irréaliste et nombre impossible, la marine française était loin d'en avoir autant !
Que les Algériens aient une mauvaise connaissance de la colonisation ottomane voire de la colonisation française est évident ! Faute d'un enseignement de l'Histoire et d'une recherche historique réellement libres, la Mémoire algérienne ne peut être que lacunaire et instrumentalisée !
S'il faut un arbitre dans le débat sur le génocide arménien, il faudra qu'il soit plus pertinent et neutre!
1) l'Algérie a été colonisée en 1517 par Barbarossa qui était un pirate grec converti et qui transforma l'Algérie en le Puntland (Somalie) de l'époque. Il joint l'empire Ottoman pour se protéger de l'Espagne. L'Algérie d'alors n'était qu'un repaire de pirates qui vivaient surtout de la traite d'esclaves.
2) La piraterie atteint de tels niveaux (razzias d'esclaves en Italie etc..) que même les jeunes USA sont intervenus (Tripoli). Finalement une coalition Européenne mit fin à l'esclavage des Chrétiens.
3) en 1830 la France envoya 600 bateaux et 34000 hommes qui s'opposérent à environ 40000 Janissaires et Indigénes. L'artillerie fut décisive et il est vrai que les Français n'y allèrent pas de main morte à la prise d'Algers, mais le but était d'expulser les Turcs une fois pour toutes.
4) la colonisation française transforma un repaire de pirates en un état viable. La "colonisation" turque s'est résumée à un état côtier de janissaires se battant entre eux quand ils ne faisaient pas de razzias et de traite d'esclaves et ne combattaient pas les tribus kabyles et autres de l'intérieur de l'Algérie en constante rébellion.
5) la France a certainement commis des erreurs qu'il faut voir dans le contexte historique. Mais elle a combattu une rébellion islamo-communiste (FLN) qui a tué et torturé 100 000 Algériens "qui n'étaient pas d'accord avec eux". Vaincue militairement ce mouvement a gagné politiquement transformant l'Algérie en un paradis que tous voudraient quitter s'ils le pouvaient.
6) "Encore que, un Français est théoriquement plus riche et raffiné, il est à ce titre plus courtisé, par les femmes faciles et les hommes véreux." Si ça c'est pas du racisme... que faites vous à la HALDE ?
Cet article n'est que du pur révisionisme. Il présente des détails "romantiques" dans un contexte complètement artificiel. Ce que je présente est facilement vérifiable dans n'importe livre d'histoire. Prenez surtout ceux en langue anglaise, afin de ne pas de vous faire accuser de parti-pris.
Le coup des 10 000 navires montre bien le niveau.
Analyse très subjective et franchement c'est quoi ce " "Encore que, un Français est théoriquement plus riche et raffiné, il est à ce titre plus courtisé, par les femmes faciles et les hommes véreux." ===> si c'est pas du cliché primaire que vous faites là !
Quelle déception... article totalement subjective, d'un manque total de rigueur pour un article qui se veut traiter d'une question historique...
L'article dès le début donne le ton : "La première a pillé, déporté, torturé, brûlé, rasé, bombardé au Napalm et exproprié, jusqu'à déporter des familles entières de résistants jusqu'en Nouvelle-Calédonie. La seconde s'est contentée de lever des impôts, bien qu'elle ait aussi maté dans le sang toutes les rebellions, brûlant récoltes et villages, selon l'extrême-droite française."
Bravo, tout en nuance, je traduis : La france n'a commis que des crimes, la Turquie elle au contraire a juste émis un impôt, ah puis oui et il paraitrait aussi qu'elle ai commis les mêmes crimes que la France, mais c'est l'extrême droite française qui l'a dit, alors bon... Il aurait été peut être judicieux de citer une source historique pour chacun des faits, plutôt que se référer à un parti politique d'extrême droite pour la référence sur les crimes turques, mais bon ça ne m'étonnerais pas que cela n'ait pas été fait exprès.
Et enfin le passage sur le français riche et courtisé par les femmes faciles et hommes véreux ne mérite aucun commentaire à part de l'exaspération.
Le gros problème de cet article est qu'il en ressors presque que la colonisation Turque a été bénéfique pour l'Algérie, faisant d'Alger la capitale, ayant colonisé Alger pour une noble cause : la défense du continent contre les Espagnols, et ayant peut être brulé villages et récoltes mais Mr Amari nous dit que c'est d'après l'extrême droite française, très bonne source historique et beau sous-entendu qui insinue que Mr Amari n'a pas vraiment l'air d'y croire. Alors qu'au contraire il en ressors que la colonisation Françaises n'aura été que massacre, torture et barbarie durant les 132ans de colonisation.
Monsieur Amari, je vous conseille de lire un livre, "Pour en finir avec le repentance coloniale", qui remet les choses au clair et dont l'auteur, Daniel Lefeuvre, lui, au moins s'appuie sur de vrai statistiques et faits historiques.
Je ne suis pas un militant des bienfaits de la colonisation au contraire mais il faut franchement arrêter avec cette révision de l'histoire, et surtout arrêter de faire de l'histoire quand au fond on n'y connais pas grand chose.
Il n'est pas très dur de détecter les intervenants français sur cet article! Franchement Bugeau n'aurait pas pu dire mieux! Et oui, les Algériens sont d'origine arabe, berbère et turque que ça vous plaise ou non. Les Turcs n'ont jamais été des colonisateurs contrairement à ce que vous vous tuez à nous faire croire! Le sang turc coule dans nos veines et non pas le français. Et votre mensonge à propos de la piraterie turque est bien connu des Algériens. Force de croire que vous les Français étiez redevables aux Algériens et au Dey Turc qui vous a sauvé des envahissements espagnols et vous a même accordé des dizaines de tonnes de blé pour vous sauver de la famine au temps de charles X! Je trouve que l'auteur de l'article a été très diplomate pour ne pas avoir cité votre avarice, lorsqu'il a évité de parler de votre vol organisé du trésor d'Alger en 1830;lisez un rapport de l'époque: " ...Puis venaient des détails sur le trésor de la Casaubah.
« L’inventaire du trésor est à peu près terminé, écrivait
le comte de Bourmont. Une somme en or de 13,200,000
francs a été chargée sur le Marengo. Le Duquesne va porter
en France 11,500,000 fr. en monnaie du même métal. Tout
le reste est en lingots ou en monnaie d’argent, dont la valeur
est de 27,000,000 environ. Ainsi une somme de 52,000,000
aura été trouvée dans le trésor. Dix-neuf cents bouches à feu,
dont plus de la moitié est en bronze, d’immenses approvisionnements
en poudre, plomb et projectiles, des magasins
de laine considérables; les maisons et les métairies dont le
gouvernement est propriétaire représentent une valeur à peu
près égale. »
Ainsi la guerre d’Alger, contre l’usage de toutes les
guerres, se soldait, non par une dépense, mais par un produit
net en espèces, indépendamment des avantages de la conquête.
Les dépenses du ministre de 1a guerre s’élevaient, au
mois d’octobre 1830, à 20,000,000; celles du ministère de
la marine, à 23,500,000 francs ; total général : 43,500,000
francs.
Quand l’inventaire fut terminé, on reconnut que le
trésor seul s’élevait, en monnaies d’or et d’argent, à 48,684,
527 francs.
Il y avait donc une différence en faveur du trésor de plus
de 5,000,000, sans tenir compte du matériel de guerre, qui,
en ne mentionnant que les 700 pièces de bronze, évaluées
par le commerce de Marseille à 4,000,000, portait le profi t.
du trésor, en valeurs mobilières, à 9,000,000. Les projectiles,
les poudres, les magasins de denrées, les biens domaniaux,
demeuraient en dehors de ce calcul(1). C’était donc
plus qu’un triomphe gratuit, c’était une victoire lucrative.
Le commandant en chef de l’expédition avait voulu
demeurer en dehors de toutes les opérations fi nancières(2).
Mais il avait pris des mesures pour qu’elles fussent faites
avec toute la régularité désirable. Le baron Denniée, intendant
général, M. le maréchal de camp Tolozé, et M. Firino,
payeur général, n’omirent aucune des précautions et des
formalités qui pouvaient servir de garanties.
« Le trésor fut pesé, dit le premier, et non compté,
comme on peut le croire(3). Cette opération a eu lieu par des
offi ciers d’état-major et de la trésorerie, sous la surveillance
de la commission des fi nances, qui a employé d’une manière
permanente six à huit sous-offi ciers d’artillerie pour fermer
et clouer les caisses. Ces caisses, fi celées et cachetées,
recevaient une série de numéros d’ordre, et étaient placées méthodiquement dans l’un des caveaux, d’où elles ne sortaient
que pour être transportées au port par des militaires de
corvée, commandés par des offi ciers et sous la conduite du
payeur général et des agents de 1a trésorerie. »
_______________
1 Nous empruntons tous ces chiffres à l’écrit publié par M. l’intendant
général Denniée sous ce titre : Précis historique et administratif de la
campagne d’Afrique (pages 53, 54, 89, 90, 93).
2 Nous lisons ce qui suit dans une lettre de M. de Bourmont au
président du conseil : « prince, le trésor, dont ,j’ai fait prendre possession
au payeur général de l’armée, n’est pas encore inventorié; je ne l’ai point
vu, et je ne serai d’ailleurs point en état d’évaluer les sommes qu’il peut
contenir. » (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)
3 Le poids d’un million en or est de 660 livres, et le poids d’un million
en argent est de 10,000 livres. C’est-à -dire qu’il faut 7 à 8 hommes
pour porter un million en or, et 100 ou 120 pour porter un million en argent.
Il aurait donc fallu 192 hommes pour porter l’or pris à Alger, et 2,880 pour
porter l’argent; ou 3,072 pour porter le trésor tout entier.
c'était un aperçu du livre:
HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER
ÉCRITE SUR DES DOCUMENTS INÉDITS ET AUTHENTIQUES PAR
M. ALFRED NETTEMENT
Voilà chers Français l'histoire parle d'elle même. Quant aux génocides français commis contre les Algériens la vérité éclatera bien un jour et démontrera encore un honteux aperçu de votre histoire. VIVE L'ALGÉRIE et VIVE LA TURQUIE !
Quand on mêle Histoire, sans références, détails de société, sans être exhaustif, réflexions populaire, en s'appuyant sur des éléments très subjectifs, on en arrive à cet article.
Je m'étais pourtant préparé. Je savais que je n'allais pas lire une communication d'histoire comparée...
Je pense que le propos de Chawki, dont j'apprécie toujours les articles, était d'exposer une vision globale des choses pour faire réfléchir et réagir. C'est ce que je fais.
A mon sens on ne peut, on ne devrait!, pas parcourir 2800 ans d'Histoire au pas de course sans détailler un peu plus ce dont on va parler et poser des jalons. Sinon, cela peut amener à toute une série de non-compréhension, d'incompréhension et à tous les raccourcis qui sont autant de fautes historiques et de possibles dérives politiques.
Je vais donc tenter d'apporter quelques éléments et réflexions d'Histoire.
Entre les Phéniciens et les Romains il y a l'installation de comptoirs Grecs, notamment Icosium (Alger) et entre les Romains et les Byzantins, les Vandales (Peuple Barbare originaire de Scandinavie). N'oublions pas non plus l'installation des Espagnols au large d'Oran et la présence de grandes "colonies" marchandes Italiennes dans l'Est algérien, à Annaba en particulier.
Que dire des troupes Ommeyades, des Banu Hilal, des Almohades qui sont entrées en Algérie à différents titres, pour conquérir des territoires pour l'Islam et les unifier, razzias, renouveau politique et religieux, mais qui ont comme vous le dites Chawki "maté dans le sang toutes les rebellions, brûlant récoltes et villages"?
Les actions que vous décrivez, en y ajoutant les pillages, les viols, les exécutions sommaires que vous ne citez pas, n'ont, malheureusement, rien d'exceptionnel dans le cadre des guerres, il faut bien en effet rémunérer des soldats qui ne sont que très rarement "soldés" et n'ont pas de salaire. De plus, la loi de la guerre permet aux vainqueurs de prendre possession de tous les biens des vaincus et ce depuis "l'invention" des expéditions armées, peut-être déjà par les premières tribus d'Homo Erectus et jusqu'aux grands empires du XXème siècle... Toutes les conquêtes romaines donnaient lieu à des grands "triomphes" à Rome où étaient exposées les richesses pillées, les esclaves de guerre, etc. La Grèce est en pourparlers avec la Grande Bretagne pour le retour des frises du Parthénon "sauvées" des canons turcs par un consul anglais prévenant...
Par ce très bref survol, je flirte moi-même avec la faute historique puisque je ne vous donne à voir qu'un panorama succinct, avec ceux des éléments qui me paraissaient aller dans le sens des exactions commis par les vainqueurs, ici les colonisateurs, et par là même, en ne vous citant pas les autres éléments, et vous donne une vision tronquée des chose, la mienne.
On pourrait se poser d'autres questions: pourquoi la colonisation? pourquoi faire? pourquoi dans certaines régions et pas d'autres? pourquoi certains territoires sont plus convoités que d'autres? etc.
C'est le travail de l'historien...
Pour conclure, je pense que comparer deux colonisations ne peut se faire qu'en les comparant elles-mêmes à d'autres, en Algérie et ailleurs. Il faut aussi donner à voir tous les éléments qui les ont motivés, le contexte, le déroulement, les combats, les alliances, etc. et ce qui s'est passé pendant l'occupation, le mode de gouvernance, les rapports des colonisateurs avec les colonisés, etc.
Tout un travail qui n'est certes pas l'objet de cet article mais qui reste néanmoins nécessaire pour éviter les débats passionnels en se référant à un travail factuel et documenté.
Réaliser une communication sur ce sujet sans s'appuyer sur ce type d'ouvrage relève de la gageure et ne peut qu'entrainer toutes les réaction lues plus bas...
PS: Chawki, quand vous parlez des Turcs en Algérie vous ne parlez que des turcs à Alger. Que faite-vous du reste? il y avait pourtant bien un Bey à Constantine aussi non? Mais les Turcs ont-ils vraiment conquis toute l'Algérie contemporaine? ou l'Algérie d'aujourd'hui doit elle ses frontières actuelles à la colonisation française?
Encore une question débat qui risque d'ajouter à la passion!
Pourtant, les faits sont là , les Turcs ont en effet occupés une grande partie du Nord actuel de l'Algérie mais en gardant une structure politique féodale basée sur des principautés. La régence d'Alger en a gagné la primauté quand elle s'est affranchie petit à petit des liens qui la liait au sultan.
Le France elle, appuyée sur son centralisme jacobin, a organisée l’Algérie conquise comme une part entière de son territoire en y adjoignant une partie de ses autres conquêtes ultérieures.
Attention, je ne parle que d'organisation politique! je ne rentre pas dans le détail de savoir comment était traités les autochtones, de quels droits ils disposaient, s'ils étaient les égaux des colonisateurs, etc. bien qu'il y aurait à en dire, les Turcs ont ils promus des autochtones à des postes de pouvoir? de manières régulière ou pour s'attacher le soutien de certaines tribus? quelle était leur vision des tribus arabes et berbères, nomades, qui s'installaient sous les murailles de leurs villes fortifiées? la politique de la France est-elle restée constante vis à vis des autochtones? de quoi s'agissait-il? etc.
PPS: Pour choquer à mon tour en utilisant la méthode de Chawki, je vous conseille l'écoute d'une musique militaire française, Sambre et Meuse. Tous ceux qui pensent que tout ce qui vient de France est mauvais retrouveront sûrement des sonorités connues et reconnues!
PPPS: Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les éléments cités dans l'article mais je laisse ça à d'autres... notamment sur les têtes de statues de Cherchell et les registres de musées! Les statues ont été révélées par des fouilles françaises, comme la quasi totalité des éléments romains aujourd'hui visibles en Algérie! ainsi que les musées, entièrement construits, agencés et dotés par eux!
Je déduis de cet article que M. Chawki Amari, qui écrit en français, et son journal El Watan, écrit en français, sont lus en Algérie par des femmes faciles et des hommes véreux !
Vite ! Ecrivez en turc !
10000 vaisseaux, c'est pas la France de 1830, c'est Star Wars !
Le croissant inventé par les turcs, ça aussi, c'est pas mal.
Toute colonisation est un désastre humain et culturel. Mais l'histoire passe tout de même, malgré les crimes. Dire que l'Algérie est plus proche de la Turquie que de la France relève du déni pur et simple, sans l'ombre d'un début de vérité. Et la France est bien plus proche de l'Algérie que d'autres pays européens. Bon gré mal gré, nous sommes proches.
Ce qu'il reste des Français ? Votre belle langue, Monsieur, et cette arrogance toute française !