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Sénégal - La «Foire aux problèmes» s'invite à l'élection présidentielle

On connaissait la Foire Internationale de Dakar (FIDAK) qui se tient chaque année dans la capitale sénégalaise. Désormais il y a «la foire aux problèmes». Elle a été inaugurée par le mouvement contestataire sénégalais «Y en a marre» qui ne cesse d'innover dans ses actions.

Dimanche 22 janvier, place de l’Obélisque quartier Colobane au cœur de Dakar. Devant une trentaine de stands installés, défilent des centaines de personnes venues assister au lancement de cette «foire aux problèmes». Selon Dakaractu, l'évènement a pour objectif «d’attirer l’attention de l’opinion publique et des acteurs politiques sur les difficultés que vit le peuple sénégalais».

«Cette foire, c’est une initiative citoyenne qui vise à replacer les préoccupations des Sénégalais au cœur du débat public, précise Fadel Barro, le coordonnateur du mouvement. C’est une manière de mettre en vedette les problèmes des Sénégalais et de faire en sorte que l’on en discute.»

L’évènement célèbre l’anniversaire du mouvement «né l’hiver dernier dans un petit appartement autour d’une tasse de thé et à la lumière d’une bougie», rappelle Afrik.com.

Chômeurs, artisans, militants de la société civile et personnalités politiques se sont croisés dans les allées des stands et ont pu échanger. Parmi les thèmes les plus récurrents: l’impunité, l’accaparement des terres ou la surcharge dans les cars-rapides (minibus). Mais il a été aussi question de la précarité des ménages. «Le problème numéro 1, c’est le panier de la ménagère. Le riz, l’huile, le sucre, le lait, le gaz, tout est devenu cher!», fulmine une mère de famille.

Parmi les challengers du président Wade à la présidentielle du 26 février prochain, Ousmane Tanor Dieng, Ibrahima Fall, Amsatou Sow Sidibé, Cheikh Tidiane Gadio, Bara Tall, Talla Sylla et Cheikh Bamba Dièye ont répondu présent. Ce dernier a déclaré: «Les consciences collectives doivent se regrouper derrière cette initiative qui a une importance sans égale».

«La foire aux problèmes» a acquis le soutien de la jeunesse ravagée par le chômage et désabusée à l'image de Dadouda Niang, chômeur, qui exprime son désarroi.

«Être jeune, au Sénégal, c’est comme être dans une prison. Et pour trouver un travail, il faut faire des études. Mais, pour cela, il faut des moyens financiers alors que l’on n’a même pas à manger», a-t-il tonné.

Parmi les pistes de travail échaffaudés lors de l'évènement, le quotidien Le Soleil rapporte que plusieurs participants ont lancé un nouveau concept original qu'ils comptent bien incarner, le NTS ou «Nouveau type de Sénégalais».

Lu sur Dakaractu, Afrik.com, Le Soleil

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