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Paris

La ministre française des Armées Florence Parly réunit ce lundi à Paris ses homologues de la force militaire conjointe des pays du G5 Sahel dans l'espoir d'accélérer sa mise en ½uvre alors que les groupes jihadistes ont promis de faire barrage à cet effort antiterroriste.

"Nous allons tout faire pour que le G5 Sahel ne s'installe pas" dans cette zone, a déclaré vendredi à l'AFP le porte-parole du groupe "Etat islamique dans le Grand Sahara" (EIGS). Il a revendiqué dans la foulée une série d'attaques, dont celle contre la force française Barkhane jeudi au Mali qui a fait trois blessés et celle du 4 octobre au Niger, au cours de laquelle quatre membres des forces spéciales américaines et quatre soldats nigériens ont été tués.

Face à la dégradation de la situation sécuritaire aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les cinq pays composant le G5 Sahel (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) ont réactivé en 2017, avec le soutien de la France, leur projet de force conjointe, lancé en novembre 2015.

Il s'agit désormais d'"accélérer la montée en puissance" de cette force multinationale, qui doit atteindre 5.000 hommes d'ici mi-2018, explique-t-on dans l'entourage de Mme Parly.

Cinq ans après le début des opérations antijihadistes françaises dans la bande sahélo-saharienne, "l'objectif de Barkhane (4.000 hommes, ndlr) est de trouver des relais" pour diminuer à terme son empreinte au sol, souligne la ministre dans un entretien à Libération publié lundi. "Les Africains le disent eux-mêmes : ce problème de sécurité est d'abord le leur". 

- 'feuille de route opérationnelle' -

Avec l'appui sur le terrain de Barkhane, la force conjointe "doit être opérationnelle en 2018", insiste-t-elle, en affirmant vouloir ce lundi "finaliser une feuille de route" des opérations prévues ces six prochains mois, au cours de sa réunion avec les ministres de la Défense du G5 Sahel et leurs chefs d'état-major.

Une manière de répondre à l'impatience du président français Emmanuel Macron, très investi dans ce dossier et qui, en décembre dernier, a fixé pour objectif à la force conjointe "des victoires au premier semestre 2018".

Côté financement, les 250 millions d'euros nécessaires au lancement de la force conjointe ont été largement réunis. Outre les 10 millions fournis par chacun des États membres du G5, l'Arabie saoudite a promis 100 millions d'euros, les Émirats arabes unis 30 millions, l'Union européenne 50 millions et les États-Unis 60 millions de dollars (sous forme d'aide bilatérale). Un  sommet aura lieu le 23 février à Bruxelles pour attirer de nouveaux donateurs.

Mais les vrais défis de cette nouvelle force sont de nature opérationnelle. 

L'une des priorités est d'améliorer la coordination des efforts entre des armées de pays pauvres aux "niveaux extrêmement disparates", pour qu'elles parviennent à défendre ensemble leurs frontières, explique un haut gradé français. "Faire fonctionner ensemble des armées n'est pas simple. C'est même très complexe, on le voit dans le cadre de l'Otan", souligne-t-il.

"Hawbi", la première opération de la force conjointe qui s'est déroulée en novembre dernier, "nous a donné de bonnes leçons, essentiellement des faiblesses, des problèmes de coordination", mais aussi de communication et de logistique, reconnaissait début janvier le chef d'état-major de la force conjointe, le général malien Didier Dacko.

Quant à l'ensemble des effectifs promis par les différents pays du G5 Sahel, "ils ne sont pas encore à la disposition du commandement. Ce sont des troupes qui existent déjà" mais "les transferts d'autorité ne sont pas encore accomplis", expliquait-il.

Autre pari pour les partenaires du G5 Sahel: équiper les troupes de la force conjointe en évitant une "dispersion" des types de matériels fournis, souligne-t-on dans l'entourage de Florence Parly.

Paris

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