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Comment les Etats-Unis font pression sur l'Afrique pour étouffer l’Iran

Sanctionner l'Iran pour son programme nucléaire, c'est l'affaire de tous? Jusqu’ici plus ou moins éloignés du conflit latent entre l’Iran et l’Occident, les pays africains sont désormais mis à contribution et appelés à participer à «l’effort de guerre». Etouffer l’économie iranienne en renforçant les sanctions, tel est l’objectif clairement affiché par les Etats-Unis.

Placé sous le feu croisé des sanctions américaines et européennes à cause de son programme nucléaire, l’Iran a ouvert son marché au reste du monde. Les exploitants pétroliers africains ont su profiter de la désertion des entreprises occidentales. Ainsi, les exportations du brut iranien en Afrique se chiffraient en 2010 à 3,6 milliards de dollars, contre seulement 1,3 en 2003. Les Occidentaux souhailent inverser cette tendance.

Les Américains s’y emploient particulièrement et intensifient la pression sur les pays du continent noir. La diplomatie américaine et les lobbies déployent tous les moyens de persuasion pour inciter les Etats africains à changer de partenaire économique afin d'«étouffer les revenus de Téhéran», indique le Wall Street Journal.

Cette offensive commence à porter ses fruits. La société énergétique d'Etat angolaise Sonangol entend reconsidérer un accord gazier passé avec l’Iran estimé à 1,5 milliards de dollars. De son côté, la sud-africaine Sasol LTD, l'une des plus grosses compagnies d'Afrique du Sud, envisage de se retirer d’un projet pétrochimique de 900 millions de dollars.

«Nous réfléchissons sur les façons dont les pays peuvent réduire leur consommation de pétrole iranien et le faire de manière sécurisée», a déclaré en Afrique du Sud, le vice-ministre américain à l'Énergie, Daniel Poneman.

Par ailleurs, le lobby américain, United Against Nuclear, prépare une campagne pour convaincre la société de télécommunications sud-africaine MTN Group Ltd de rompre son partenariat avec la deuxième plus grande compagnie iranienne de télécom.

Les autorités iraniennes estiment vains les efforts visant à entraver son business avec les compagnies africaines. Le pays vient à nouveau d’agiter la menace de fermeture du détroit d’Ormuz, lieu de transit de près de 40% des exportations de brut mondial, en représailles à l’embargo décrété par l’Union Européenne sur le pétrole iranien.

Lu sur Wall Street Journal

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